Il y a différents moyens de prendre soin de soi. Le tout, c’est de privilégier ce qui a le plus d’intérêt et de sens pour soi. Il faut savoir que la grande majorité des pratiques intégratives vont avoir des effets cumulatifs sur l’ensemble des systèmes physiologiques qui régissent notre corps, nos pensées, nos affects et notre manière d’entrer en relation avec autrui.
En d’autres mots, le système émotionnel influe sur l’efficience du système immunitaire et prendre soin de nos émotions va contribuer à renforcer les ressources internes pour lutter contre le virus, via notamment la libération d’une hormone très précieuse dans notre bouche.
Marcher entre deux mondes
Gregg Bradden rapporte, dans son livre Marcher entre les mondes, que des chercheurs ont démontré que la simple évocation d’un souvenir de colère réduit la sécrétion d’Immunoglobuline A (IgA) qui, mélangée à la salive, agit comme la première ligne de défense du système immunitaire pendant environ six heures. À l’inverse, un souvenir positif induit une augmentation de la libération de ces molécules pendant la même durée de temps.
Cette recherche m’a interpellé, alors je suis allé consulter la littérature. En fait, les chercheurs ont réuni des sujets qu’ils ont séparés en deux groupes. Le premier devait ressentir un bonheur intense, puis de la colère; le second devait ressentir de la colère, puis du bonheur. Ils ont mesuré la concentration d’IgA dans la salive à trois moments: avant, après la première condition et après la seconde condition. Les résultats étaient clairs: la colère réduit la puissance du système immunitaire, alors que le bonheur permet de jouir d’une meilleure barrière en cas de contact avec un virus.
Conséquemment, on peut conclure que la capacité à ressentir l’état de paix et de la joie crée un contexte biochimique favorise la réorganisation et la maturation du cerveau, tout en contribuant à libérer plus d’IgA dans la bouche qui prévient les risques d’infection virale, ce qui est toujours précieux durant les périodes où nous sommes plus fatigués.
Somme toute, ce processus renforce la responsabilité qui appartient à chacun de vivre heureux et réduit également le risque de tomber dans la dyade victime-bourreau, ce qui peut aussi être très utile quand on rencontre une situation ubuesque dans notre vie…
Bien sûr, ce n’est pas donné à tout le monde de recouvrer sa paix intérieure, malgré l’adversité, mais il y a des livres et des coaches, ainsi que des professionnels psychosociaux qui peuvent aider à reprendre un meilleur contrôle de ses émotions.
Processus disciplinaire
Comme vous le savez sans doute, tout professionnel peut être questionné par un membre du syndic de l’Ordre qui lui a délivré un permis de pratique. Il suffit qu’une personne fasse un signalement, ce qui est son droit, pour que s’enclenche une procédure disciplinaire qui doit évaluer si le professionnel a commis une erreur, voire une faute professionnelle.
Si le professionnel a commis une erreur ou une faute, le processus permettra d’identifier les risques pour le public et retirer, pour une période de quelques semaines au reste de sa vie, le privilège d’avoir un permis de pratique. Dans de tels cas, le processus disciplinaire est essentiel.
Le problème, c’est que des individus peu scrupuleux s’en servent pour leurs intérêts personnels, noircissent un pseudo-témoignage et le professionnel se retrouve alors dans une toile d’araignée. Il n’est pas rare qu’un concurrent dépose de fausses allégations pour nuire. Un collègue, par jalousie ou par ignorance commune. Un parent, pour sortir le psy du décors dans son intention de nuire à l’autre parent…

Dans ce processus disciplinaire, le professionnel sous enquête a toujours tort. Les autorités partent du principe que c’est un privilège d’avoir un permis, donc le droit à la présomption d’innocence n’existe pas.
Le professionnel sous-enquête doit démontrer qu’il n’a pas dérogé au code de déontologie, mais souvent il n’a pas vraiment connaissance des motifs de l’enquête. C’est un exercice stressant dans lequel de nombreux abus d’autorité s’exercent, soit pour destabiliser le professionnel sous enquête, soit par ignorance commune de la part de l’enquêteur.
Bien sûr, il y a des enquêteurs et adjoints du syndic qui font un excellent travail. J’en ai rencontré au cours de ma carrière. Mais, c’est comme les policiers: il suffit d’une personne mal intentionnée pour créer bien des dégâts dans la vie des personnes sous enquête.
Contrairement aux policiers, les membres des bureaux de syndic n’ont aucun processus de régulation externe, même pas à l’intérieur des instances de l’Ordre, car les pouvoirs sont étanches.
Et, malheureusement, certains en abusent allègrement, comme Jean-Yves Dionne et moi l’avons exposé dans un avis transmis sous embargo à la ministre Lebel chargée de moderniser la Loi des professions. Ce document est actuellement sous embargo et nous le rendrons public dans quelques mois.
Durant les dix années où j’ai disposé d’un permis de pratique, j’ai vécu cinq enquêtes sans avoir jamais été traduit devant le Conseil de discipline. Comme personnalité publique, je m’y attendais. Cela m’a imposé d’être encore plus rigoureux lorsque j’effectue ma clinique ou me positionne publiquement sur un phénomène social.
Le fait de n’avoir jamais été traduit devant le Conseil de discipline veut dire que je n’ai jamais transgressé le code de déontologie de l’Ordre des psychologues, comme le reconnaîtra le Syndic Marc Lyrette lors d’un procès que j’ai initié pour obtenir vainement mon dossier et, surtout, les preuves des abus d’autorité auxquels j’ai eu à faire face.
Une scène ubuesque
Lors de la cinquième et dernière audition que j’ai eue à vivre du temps où j’avais un permis de pratique, une situation pour le moins absurde s’est produite il y a 3 ans.
Un des textes qui était sous enquête concernait le fait que je mentionnais l’étude ci-avant. Silencieux, le syndic Marc Lyrette laisse son adjointe m’interroger.
Valérie Drolet – Vous avez écrit ceci, Monsieur, vous ne pouvez pas.
Joël Monzée – Oui, je l’ai écrit. Quel est le problème?
VD – Vous ne pouvez pas.
JM – Pourquoi? Je relate une recherche scientifique utile pour les citoyens, afin de les inviter à prendre soin d’eux.
VD – Vous ne pouvez pas.
JM – Pourquoi? Je vous rappelle que j’ai fait toute ma carrière universitaire dans une Faculté de Médecine et que mon texte s’appuie sur une recherche dûment publiée. Et il y en a eu d’autres depuis lors qui indiquent des liens entre l’état émotionnel induit et l’efficience de la libération d’IgA dans la salive.
VD – Vous ne pouvez pas (vraiment agacée).
JM – Pourquoi?
VD – Vous ne pouvez pas, parce que je vous le dis!
Le problème, c’est que son ordre formel n’est pas valide. C’est de l’intimidation.
C’est une intervention hors-mandat, ils ne peuvent pas m’interdire de relater une étude dûment publiée, et ce, d’autant que d’autres études ont confirmé les effets de l’état émotionnel sur la santé physique.
La posture de Valérie Drolet reflète ce que les scientistes essaient d’imposer au monde: une perspective transhumaniste qui déresponsabilise l’être humain pour favoriser l’augmentation des parts de marché des compagnies pharmaceutiques.
De plus, il y a donc un modèle d’affaires à défendre, celui des psychologues qui utilisent les tests psychométriques en présumant ce qu’il se passe dans le cerveau, ce qui n’est pas démontrable tel qu’ils l’aimeraient.
D’ailleurs, la syndique-adjointe Drolet va se lâcher: « vous savez, Monsieur Monzée… Un test psychométrique n’a pas besoin d’être valide sur le plan scientifique. » On y est: le coeur du problème depuis 2017, car je dénonce le manque de validité des tests psychométriques.
Malgré le stress, je reste calme. Je la regarde et attends la prochaine salve.
Quelques instants plus tard, le syndic, psychologue, mais surtout ancien directeur des prisons de Montréal, va manifester des gestes agressifs à mon égard… Intimidation physique après l’intimidation psychologique.

Je suis resté maître de mon état, voyant ces deux tristes personnes comme des poissons impuissants dans leur bocal. C’est une technique utile pour réduire le risque de réagir, ce qu’ils attendaient, espéraient, sans doute.
J’ai toutefois signalé leur comportement à la présidence de l’Ordre, mais ils sont non-imputables de leurs comportements.
Il est temps que la ministre Lebel accélère la modernisation de la Loi des professions pour redéfinir les actes autorisés pour les membres du bureau du syndic des ordres.
Je reviendrai sans doute sur l’ensemble des inepties que j’ai vécues quand je détenais un permis de pratique délivré par l’Ordre des psychologues, mais que je suis content d’avoir abandonné ma pratique pour recouvrer ma dignité et ma liberté.
Pour rappel, je dénonce la bêtise et les abus, cela ne veut pas dire que ces personnes reflètent les pensées, les actions et les engagements de leurs collègues. C’est leur ignorance ou leurs idéologies qui sont néfastes, mais sans régulation externe, ils règnent en rois et maîtres. Et souvent, les présidences ne savent même pas ce qu’il se passe.
Une méta-analyse de 400 études publiées par des chercheurs de l’université McGill
Revenons à l’échange ubuesque entre Valérie Drolet et moi lors de l’audition.
Deux chercheurs en psychologie de l’université McGill ont réalisé une large méta-analyse de l’effet de différentes musiques sur la régulation du stress et l’efficience du système immunitaire. L’étude a été publiée en 2013 dans Trends in Cognitive Science, une revue savante très bien cotée dans le monde universitaire.
Ils ont évaluer les preuves démontrant que la musique améliore la santé et le bien-être grâce à l’activation des systèmes neurochimiques (i) de la récompense, de la motivation et du plaisir, (ii) du stress et de l’éveil, (iii) de l’immunité, et (iv) de l’affiliation sociale.
L’écoute de la musique augmente la production d’ocytocine, hormone de l’attachement, et d’immunoglobuline A, anticorps qui renforce le système immunitaire.

Figure empruntée à McGill Reporter, avril 2024
Il est intéressant de préciser deux choses: (a) ce sont des chercheurs en psychologie et (b) ils ont publié leur article 9 ans avant la conversation entre Mme Drolet et moi.
N’est-il pas dangereux pour le public de confier les rennes de la protection du public à une telle personne? Par ailleurs, comment se fait-il que le syndic ne soit pas intervenu autrement qu’avec des gestes d’intimidation pour tenter de me faire peur? À quel moment franchit-on la ligne entre une enquête légitime et de la violence institutionnelle?
Aller plus loin:
- A. Watkins, Mind-Body Medicine: A Clinician’s Guide to Psychoneuroimmunology, New York, Churchill Livingstone Editions, 1997
- G. Bradden, Marcher entre les mondes: la science de la compassion, Montréal, Éditions Ariane, 2000
- J. Monzée, Ce que le cerveau a dans la tête, Montréal, Éditions Liber, 2011.
- ML Chanda et DJ Levitin. The neurochemistry of music. Trends Cogn Sci. 2013 Apr;17(4):179-93


