Les moments de transition (3/4): Grands changements, grandes émotions !

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Comme adulte, lors de certains changements ou transitions, nous laissons quelques peurs ou craintes nous envahir. Toutefois, nous sommes des adultes et nous n’en sommes pas à nos premières expériences reliées au changement. Nous avons développé au fil du temps des stratégies qui nous permettent de faire face aux changements plus facilement. Mais qu’en est-il des enfants et de leur adaptation aux changements ? Comme adulte, quelle posture devons-nous adopter afin d’accompagner les enfants dans ces expériences reliées au changement ? Pour en savoir plus, découvrez l'histoire de Laurent, 7 ans, et de son enseignante.

Martine accueille un nouvel élève dans sa classe. Elle ne sait pas beaucoup de chose à propos de cet enfant. Elle sait seulement qu’il s’appelle Laurent et qu’il vient d’emménager.

C’est toujours un moment incertain lorsqu’un élève s’ajoute au groupe pendant l’année. Martine a certaines craintes. Elle se demande s’il s’intègrera bien à la dynamique de la classe. Elle se demande quel est son profil d’élève.

• Est-il calme ou actif ?

• A-t-il des difficultés d’apprentissage ?

• Sera-t-il au même endroit que les autres élèves dans la progression des apprentissages ou devra-t-il rattraper certains concepts ?

• Saura-t-elle créer un lien avec lui ?

Toutes ces questions représentent les craintes de Martine.

• Qu’en est-il des craintes de Laurent et de ses appréhensions en lien avec son changement d’école, de ville, de maison ?
• Se mettra-t-il en colère ?
• Est-ce que la peine et l’anxiété vont nuire à ses apprentissages ?
• Sera-t-il capable de créer des liens ou sera-t-il en situation d’opposition ?
• Quels pourraient être les besoins de Laurent dans cette période de vie où plusieurs de ses repaires n’existent plus ?

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En réfléchissant à ces dernières questions, Martine se dit que Laurent a probablement plus besoin d’être accompagné, d’être soutenu, d’être écouté qu’elle n’a besoin d’être rassurée.

Martine se dit que le plus important est que le nouvel élève se sente accueilli par les autres enfants. L’idée, c’est qu’il se sente bien dans sa nouvelle école, dans sa nouvelle classe, avec sa nouvelle enseignante et les autres élèves.

Tous ces changements représenteront certainement beaucoup de moments où il devra s’adapter et comprendre ce qu’on attend de lui dans son nouvel environnement. Il pourra être sur-réactif ou, au contraire, tout faire pour disparaître.

Elle décide donc de mettre certaines de ses attentes ou questionnements de côté et de s’attarder davantage sur l’enfant qu’elle accueillera dans sa classe : prendre le temps de l’accueillir, prendre le temps de le connaitre et prendre le temps de créer un lien de confiance avec lui.

Cette préparation mentale de Martine est essentielle. Le piège, c’est de tomber dans un doute quant à ses capacités d’accueillir un enfant, alors qu’elle… doute justement.

Certaines personnes appellent cela le syndrome de l’imposteur. C’est un état émotionnel qui accompagne les transitions importantes dans une vie ou qui freine l’élan naturel quand on aspire à faire les choses correctement.

Cela n’a rien à voir avec l’enfant. Ou l’activité. C’est juste une émotion qui nous dit de faire attention, d’être précautionneux, de prendre le temps de bien analyser la situation avant d’agir. Certains restent bloqués dans cet état et les peurs peuvent devenir envahissantes.

Toutefois, Martine peut accueillir ses émotions et en prendre soin grâce aux outils de la pleine présence. Elle pourra alors mieux vivre cette adaptation. Si Laurent la confronte, elle pourra y voir une trace de résilience, un peu maladroite, mais une force à canaliser simplement. Elle pourra voir comment attirer l’attention de son nouvel élève quand il sera plus dissipé, plutôt que de se fâcher sur lui.

Le reste suivra certainement.

Retenons que…

1) Lorsque l’enfant vit de grands changements, cela apporte certainement son lot de stress. Certains comportements peuvent ainsi apparaitre en réaction au stress qu’apportent tous ces changements.

2) Lors des périodes de transition, nous pouvons voir émerger chez l’enfant des comportements amplifiés par la peur, la colère, la tristesse, le dégoût et même des excès de joie. Tout cela est normal. Les émotions mobilisent !

3) Comme adulte, nous sommes responsables du contexte dans lequel l’enfant évolue. Développons notre capacité d’écoute et de regard vers l’enfant selon ses besoins et ses manques.

4) Lors des périodes de transition, l’enfant a besoin d’un cadre affectif sécurisant afin d’avoir accès à ses ressources et, aussi, afin d’en développer de nouvelles.

VOUS AIMERIEZ EN SAVOIR PLUS SUR LES ÉMOTIONS VÉCUES DURANT LES TRANSITIONS?

Voici des ressources pour vous aider à aider les enfants à mieux vivre ses émotions:

• Déjouer les comportements dérangeants et irritants chez les enfants (accédez à la formation)

• Choisir d’intervenir avec bienveillance dans sa famille (accédez à la formation)

• Apprivoiser les 1001 émotions qui colorent la vie des familles (accédez à la formation)

Voici une ressource pour aider les élèves :

• La fabrique de l’enfant terrible et le drame de l’élève sage (accédez à la formation)

• Prendre soin de soi pour rester serein dans un contexte scolaire plein d’incertitudes (accédez à la formation)

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