Les moments de transition (2/4): Comment aborder les grands changements avec les tout-petits ?

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Qu'on le veuille ou non, la vie met sur notre chemin des moments de transition. Parfois ces changements semblent à notre portée alors que d'autres nous semblent plus difficiles à surmonter comme une séparation ou un deuil. Si, comme adulte, nous sommes davantage outillés pour faire face aux changements, qu'en est-il pour les enfants ? Comment les accompagner lors des petites et grandes transitions ? Pour en savoir plus, découvrez l'histoire de Léo et de ses parents.

Léo vient d’entrer en maternelle. Sachant que la plupart des transitions représentaient un défi pour leur fils, les parents anticipaient des difficultés pour s’adapter à la vie scolaire. Toutefois, ils sont encore plus préoccupés ces jours-ci. En effet, ils discutent de séparation.

LA SÉPARATION

Avec une certaine mélancolie, ils se souviennent de leur rencontre, des premiers soirs, de leur premier voyage, des fous-rire… des premières déceptions aussi, mais ils s’aimaient. Ils passaient par-dessus les obstacles. Un jour, ils aménagèrent ensemble, puis ils se marièrent. L’idée d’avoir un enfant s’est alors imposée.

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Ils s’aiment encore. Ou, du moins, ils se respectent. Leurs intentions changent. Ils adorent leur fils, mais la séparation est de plus en plus inévitable.

Ils anticipent l’impact pour leur fils. En plus de son entrée en maternelle, Léo devra s’adapter à un nouveau milieu, à de nouvelles routines. Il va aussi devoir composer avec de nouveaux adultes et des élèves. Certes, il va apprendre, mais toutes ces adaptations amènent leur lot de stress.

Ils avaient choisi un milieu aussi stable que stimulant pour Léo. C’est ainsi qu’il a grandi dans une garderie en milieu familial. Ils étaient 6 enfants dans le groupe. Aujourd’hui, il doit composer avec 17 autres élèves. Ils se demandent aussi comment leur fils va composer avec les différents moments de la journée, les différentes transitions et toutes les routines qui les accompagnent.

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UN PAS À LA FOIS, ON ACCOMPAGNE AVEC DOUCEUR ET RESPECT

Ils se demandent comment Léo vivra cette séparation. Un jour, ils prennent leur courage à deux mains. Ils utilisent une petite histoire, racontée calmement dans le divan. Ils lui annoncent que, désormais, il aura non seulement une école, mais aussi deux maisons.

Pour l’une des deux, il devra prendre l’autobus. Quelque part, il est triste, mais il ne comprend pas trop ce que cela implique « avoir deux maisons ». Heureusement, il a hâte, chaque matin, de revoir son enseignante et ses nouveaux amis.

Les parents craignent de transmettre leurs peurs et leur peine à leur fils. Ils se demandent comment va se faire cette transition si importante. Heureusement, ils sont encore complices et respectueux. Ils n’osent pas imaginer le défi que représenterait une séparation conflictuelle.

Leur garçon écoute bien les consignes, mais c’est aussi un enfant qui adore bouger, être dans le mouvement.

• Comment vivra-t-il tous ces moments où il devra attendre son tour, être assis à une chaise, attendre dans un rang, être calme dans le bus ?

• Comment peut-on accompagner nos enfants dans cette transition de la garderie à la maternelle, puis d’une maison à l’autre ?

• Comment accompagner notre enfant de façon bienveillante et soutenante dans ces nouvelles aventures pour qu’elles puissent se vivre tout en douceur ?

Les parents de Léo décident de faire confiance à ce qui se passera à l’école. D’une manière un peu pragmatique, le père de Léo se dit qu’ils n’ont pas beaucoup d’impact sur ce qui peut s’y passer. La maman est d’autant moins à l’aise qu’elle se sent coupable d’avoir choisi de quitter son conjoint. Elle s’imagine qu’elle aurait dû être plus conciliante, alors qu’elle va désormais briser la famille.

Heureusement, ils peuvent s’assurer de maintenir des routines similaires dans les deux maisons et permettre le transfert de doudous d’une maison à l’autre. Une amie de la maman a cédé un tee-shirt avec son parfum pour que ses enfants la « sentent » quand ils sont chez leur père. Lui, il n’est pas très à l’aise et réagit souvent. C’est d’autant plus compliqué qu’il a une nouvelle blonde qui n’est pas très contente de voir des « traces » de l’ex-du-père.

Heureusement, les parents de Léo veulent rester des amis. Autant pour le bien de leur fils que parce qu’ils sont reconnaissants des moments privilégiés passés ensemble. Ils planifient aussi créer des occasions, comme lors des anniversaires, où ils fêteront leur coco ensemble. Somme toute, ils savent que Léo va devoir adapter sa vie, mais ils veulent préserver tout ce qui contribue au bien-être de Léo dans cette période de transition.

Et parmi les règles qu’ils se donnent, c’est de ne pas trop charger les soirs et les fins de semaine afin que Léo puisse vivre autant des moments stimulants que d’autres plus reposants.

• Est-ce que ce sera suffisant ?
• Quoi faire de plus ?

Retenons que…

1) Une présence bienveillante est essentielle pour accompagner nos enfants, surtout lors des périodes de grandes transitions.

2) Observer, être à l’écoute, comprendre ce que vit notre enfant et utiliser des approches qui seront soutenantes afin qu’il développe ses ressources dans cette nouvelle expérience. Pour arriver à se sécuriser, l’enfant a besoin de l’adulte et de conditions affectives sécurisantes,

3) Afin d’accéder à une posture bienveillante comme parent et d’utiliser le meilleur de soi, nous devons d’abord être en paix avec nos propres émotions. Si la rentrée de notre enfant nous rend anxieux, par exemple, nous devons prendre soin de cette émotion.

4) La bienveillance repose essentiellement sur l’intégrité, la cohérence, la compassion et le respect. La bienveillance se transmet par notre posture, nos gestes, nos actions et nos paroles.

5) Quand nous vivons de grands changements, il est nécessaire de s’ancrer dans des repères qui sont encadrants, sécuritaires, aimants et soutenants. Toute la famille en bénéficie.

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Voici des ressources pour vous aider à aider les enfants à mieux vivre ses émotions:

• Mélou & Dr Jay – L’école des émotions (accédez à la formation)

• Les crises de l’enfant de 3 à 7 ans (accédez à la formation)

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