La sous-réactivité (3/4): Quand un enfant se referme sur lui-même pour mieux se protéger…

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Certains élèves sont constamment dans « la lune ». Ils semblent écouter mais, au fond, ils sont « ailleurs ». Ils participent très peu aux échanges en classe, et ce, seulement si on les invite à le faire. Quels besoins se cachent-ils derrière tous ces comportements sous-réactifs ? Découvrez l'histoire de Raphaël et de son enseignante pour en savoir plus.

Si elle a beaucoup d’expérience, Caroline admet qu’elle a un groupe particulièrement agité cette année.

Certains élèves prennent beaucoup de place dans la classe et lui demandent beaucoup d’attention pour garder le cap tout au long de la journée.

UN CADRE BIENVEILLANT, MAIS UN CONTEXTE TURBULENT

Chaque jour. Chaque heure. Chaque activité. Elle utilise toutes ses ressources pour maintenir un cadre très serré. Elle arrive à être constante dans ses interventions, notamment en rappelant constamment les règles de vie de la classe.

Ce n’est pas de tout repos.

Heureusement, il y a quelques enfants «sages». Ceux qu’on adore, car ils sont si disponibles aux consignes. Ceux qui équilibrent la dynamique agitée de certains élèves.

Quand elle pense à ses élèves-bonbons, elle pense automatiquement à Raphaël. Alors que les autres sont turbulents, lui est toujours très silencieux. Parfois il est si discret qu’elle en oublierait presque sa présence. Quelque part, c’est rassurant. Raphaël, au moins, ne dérange pas.

Plus les semaines passent, plus Caroline se questionne pourtant à propos de cet élève.

En effet, Raphaël participe très peu à la vie de classe. Il préfère travailler seul. Il ne parle que si on lui pose une question. Et encore, il a l’air soulagé quand un pair monopolise son attention.

Par ailleurs, les résultats scolaires de Raphaël sont préoccupants.

Il semble être à l’écoute des différents enseignements mais, dans les faits, Caroline comprend que Raphaël est plutôt «dans la lune».

Il la regarde enseigner mais il n’écoute pas, il est «ailleurs».

Elle observe que, lorsque sa classe se met au travail, Raphaël a souvent un temps de retard dans son organisation. C’est comme s’il avait de la difficulté à se mobiliser. Il y a toujours un temps considérable avant toute mise en action pour se mettre au travail.

Somme toute, Raphaël est gentil et ne perturbe pas le groupe, mais Caroline doit souvent lui rappeler certaines consignes pour qu’il puisse se mettre au travail et faire ce qui est demandé.

Certes, les comportements de Raphaël ne sont pas dérangeants, mais l’enseignante sent que ses comportements de gêne ou de timidité pourrait traduire un inconfort envahissant ou une insécurité beaucoup plus profonde qu’imaginé au départ.

Un jour, elle parle avec les parents de Raphaël. Elle leur exprime qu’elle apprécie leur garçon et qu’elle cherche des moyens pour l’accompagner à qu’il s’implique plus dans la vie de la classe.

• Mais qu’est-ce qui peut expliquer cet état «d’être» ?

• Comment s’y prendre pour l’amener à s’ouvrir à la vie de classe tout en respectant son rythme ?

RAPHAËL A BESOIN D’UN LIEN DE CONFIANCE AVEC SON ENSEIGNANTE POUR SE SENTIR EN SÉCURITÉ

Caroline entreprend de renforcer le lien de confiance entre elle et son élève.

Elle sait que Raphaël adore lire. Elle va donc utiliser une force pour lui permettre d’expérimenter le plaisir d’être en classe, vu et entendu par les autres élèves.

Elle lui demande s’il aimerait rester à la récréation pour organiser le coin lecture. Il répond un « oui » discret. Elle profite de ce moment pour discuter avec lui de tout et de rien. Elle veut apprendre à le connaitre.

Cette tâche revient une fois par semaine et, chaque fois, Caroline et Raphaël échangent sur différents sujets.

Elle le trouve progressivement plus impliqué… sauf si certains élèves se désorganisent.

À ce moment-là, Raphaël se referme à nouveau. Il s’immobilise, voire «s’efface» de la dynamique de classe. Comme quoi, l’équilibre s’appuie peut-être sur les défis de chaque élève.

• À court terme, l’enseignant y gagne, mais les élèves peuvent-ils y perdre?

Retenons que…

1) Lorsqu’un enfant se referme sur lui-même, c’est une façon de se protéger des autres et de l’environnement qui l’entourent. Cela diminue indirectement l’état de stress qui, normalement, lui permet de s’adapter.

2) Un lien de confiance avec l’adulte qui prend soin de lui est primordial afin que l’enfant se sente en sécurité, sinon sa résilience va se transformer en résignation et il aura de plus en plus de difficulté à sortir de sa timidité.

3) Lorsque l’enfant se sent en sécurité, il a davantage accès à ses ressources et il sera plus facile pour lui de sortir de son état de sidération.

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