La goutte qui fait déborder le vase

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Les syndics se perdent parfois dans des actions abusives lorsqu'ils ne respectent pas les limites de leurs mandats. Actuellement, une ex-psychologue est poursuivie pour avoir exposé que la santé mentale pouvait être perturbée par la santé du microbiote, et ce, même si les données probantes lui donnent entièrement raison.

Il y a quelques jours, Geneviève, une ex-psychologue québécoise qui vit au Mexique depuis plusieurs années a exprimé sur les réseaux sociaux qu’elle allait devoir rencontrer le Conseil de discipline pour répondre de deux chefs d’accusation.

Depuis plusieurs années, elle expose comment certaines habitudes alimentaires et l’usage de certains produits cosmétiques ou ménagers peuvent avoir des conséquences sur la santé des individus, dont notamment induire des symptômes de dépression, voire – dans certains cas – des psychoses toxiques.

En fait, elle a été dénoncée par une ex-collègue pour des raisons douteuses et elle est désormais accusée par la syndique-adjointe Valérie Drolet d’avoir transgressé le code de déontologie en parlant de l’impact de la santé du microbiote sur la psyché au sens large et sur le développement de conditions psychiatriques.

Le microbiote intestinal influe sur notre qualité de vie

Depuis longtemps, je m’intéressais aux différents aspects de la médecine fonctionnelle qui, notamment, explore la santé métabolique et les ressources du microbiote intestinal. Certes, j’avais quelques connaissances que j’appliquais pour ma propre santé et mettre en place des habitudes de vie préventives.

Bien sûr, j’avais déjà entendu parler du concept de « deuxième cerveau » lorsque des personnes parlaient du système entérique, mais je n’ai jamais adhéré au concept, car ce système fait simplement partie du système nerveux, aussi fabuleux que les autres, mais pas autonome du reste du système.

J’avais aussi parcouru le livre d’un médecin américain qui, sous un titre un peu spectaculaire (« Ce que votre médecin ne connaît pas de la médecine nutritionnelle pourrait vous tuer! »), exposait comment il avait vainement tenté, avec ses collègues, de soigner son épouse pendant 17 ans. Et c’est le jour où elle a changé ses habitudes alimentaires, ainsi que pris des suppléments naturels et autres prébiotiques, qu’elle passa d’un état grabataire à une forme éblouissante.

D’ailleurs, ce livre m’avait invité à faire attention. Pour moi. Pour ma famille… Mais, je n’avais pas pris le temps de consulter la littérature jusqu’à il y a quelques mois. Je me contentais de référer mes patients, quand je pratiquais encore la psychothérapie, vers une nutritionniste ou un médecin, selon les hypothèses cliniques que j’identifiais.

Les données probantes expliquent comment microbiote impacte la santé mentale

Il y a un an, Anne-Isabelle Dionne, médecin, amie et complice professionnelle, m’a demandé de présenter un webinaire sur le sujet en mettant l’accent sur les interactions microbiote-cerveau. J’ai donc plongé dans un monde qui m’était à peine connu, mais tellement fascinant.

Nous en avions également parlé dans deux articles que nous avons publié dans le journal de l’European society of medicine en juillet dernier, mais c’était Anne-Isabelle qui s’était adressée à ces phénomènes qui, dans certains cas, créent des symptômes similaires au TDAH.

À la demande de Geneviève, j’ai rédigé cette fois un rapport scientifique sur l’étendue des connaissances acquises ces 20 dernières années sur la santé du microbiote et les effets des particules toxiques qui pénètrent dans notre corps tous les jours sur la santé mentale.

Je viens de passer une semaine à lire des dizaines d’articles pour mieux comprendre ces phénomènes qui peuvent induire des symptômes de TDAH, mais aussi de dépression, de dysrégulation émotionnelle, de démence, etc. Ça fait 20 ans que ces phénomènes sont documentés.

Il y a un côté fascinant que tout psychologue et psychiatre devrait connaître pour orienter la direction thérapeutique, afin de vraiment répondre aux besoins des patients. J’ai remis le rapport hier soir à l’Intimée pour qu’elle prépare sa défense face au membres du Conseil de discipline. J’en ferai certainement des chroniques ou une conférence prochainement.

Ce qui est grave, c’est que les syndics du Collège des médecins et celui de l’Ordre des psychologues harcèlent leurs membres si ces derniers considèrent que ces phénomènes pourraient être liés à des maladies bien concrètes qu’on pourrait soulager en transformant les habitudes de vie. Ainsi, cela conduit à réduire le taux de prescription de médicaments, alors que les syndics semblent faire la promotion des pratiques en santé pharmaco-centriques.

Certains membres des bureaux de syndic abusent de leur autorité

Il faut savoir qu’un(e) Intimé(e) ne peut pas se défendre comme expert, même s’il ou elle dispose d’une expertise. Il faut que des confrères et consoeurs viennent exposer l’état actuel de la science. C’est ce que je ferai pour elle, car sa mission est importante.

J’avoue toutefois être très inquiet de l’idéologie de la syndique-adjointe qui a mené l’enquête et déposé des accusations. Toutefois, je ne suis pas surpris. On peut craindre qu’elle se serve de son immunité pour défendre une manière bien curieuse de comprendre les neurosciences.

En effet, Valérie Drolet a déjà mené deux enquêtes à mon égard et a vainement tenté de me forcer au silence quand j’explique comment la régulation émotionnelle influe sur notre santé immunitaire ou quand je dénonce le manque de validité des tests utilisés par les neuropsychologues.

Je n’ai jamais été accusé d’avoir transgressé le code de déontologie. Son problème, c’est que la Science est de mon bord, pas du sien. Toutefois, nous sommes des centaines à subir de telles manoeuvres abusives d’individus inquisiteurs qui défendent une vision étriquée de la santé.

Jean-Yves Dionne et moi avons, d’ailleurs, rédigé un rapport de 300 pages sur ces poursuites, rarement amenées au Conseil de discipline, mais épuisantes pour les professionnels intègres qui souhaitent offrir une intervention répondant aux réels besoins des personnes plutôt que de se contenter de donner des médicaments pour endormir les symptômes.

Un rapport sous embargo sera bientôt disponible

Il faut comprendre que les ordres professionnels sont, comme pour l’État, séparés en trois pouvoir: l’exécutif (la présidence, les bureaux et le secrétariat général), le CA composés de professionnels élus par les pairs et des membres nommés par l’Office des professions, ainsi que le syndic qui agit comme la police professionnelle, mais – contrairement à la police – personne ne peut questionner leur travail.

Le rapport que Jean-Yves et moi avons rédigé a été déposé, sous embargo, comme avis à la ministre Lebel qui tente de moderniser le fonctionnement des ordres professionnels, mais surtout les comportements ubuesques de certains membres des bureaux du syndic, comme Valérie Drolet qui tente de censurer l’ex-membre de l’Ordre pour des raisons qui ne font pas partie du mandat des syndics.

Le document est sous-embargo pour que l’équipe de Mme Lebel puisse travailler en paix. Avec le remaniement ministériel qui s’annonce, les travaux prendront certainement du retard puisqu’il est probable qu’un autre ministre sera désigné.

Certains membres des bureaux de syndic nuisent à la population, il est temps de les recadrer par la réforme de la Loi.

Lien vers l’Avis déposé à la ministre Sonia Lebel, responsable des ordres professionnels:

Liens vers les deux articles co-rédigés avec Anne-Isabelle Dionne:

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