Pour un débat rigoureux et éclairé: les approches intégratives et transdisciplinaires en santé sont basées sur la recherche scientifique

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En mai dernier, le dépôt à l'Assemblée nationale du projet de loi 191 par la députée Isabelle Poulet a relancé deux importantes questions pour l'avenir de notre réseau de santé. D'une part, comment encadrer, évaluer et intégrer rigoureusement les approches complémentaires fondées sur la science? D'autre part, comment créer des protocoles préventifs ou thérapeutiques qui intègrent les interventions transdisciplinaires de manière rigoureuse? Face aux réactions corporatistes et aux amalgames médiatiques qui réduisent trop souvent la médecine intégrative à des croyances ésotériques, il importe de rétablir les faits. Ce débat ne doit pas appartenir aux polémiques, mais bien à la méthode scientifique, à la protection du public et à l'optimisation des parcours de soins.

Le débat public entourant la modernisation des soins de santé et l’évolution des pratiques cliniques suscite trop souvent des réactions émotives, biaisées ou réductrices.

Lorsque des considérations idéologiques ou corporatistes prennent le pas sur l’analyse scientifique, la complexité des enjeux se trouve caricaturée, et le public, comme le réseau de santé, y perd toute clarté. Il devient donc impératif de recadrer ce qu’est réellement la santé intégrative — particulièrement appliquée à la santé mentale —, d’en rappeler les fondements épistémologiques et d’expliciter la nécessité d’établir de nouveaux protocoles de soins et de recherche transdisciplinaires au Québec.

Le projet de Loi 191, déposé par la députée Isabelle Poulet le 6 mai dernier, après un processus de rédaction auquel j’ai eu l’honneur de contribuer, a été vivement critiqué par différents individus. C’est leur droit. En revanche, deux polémistes notoires ont propagé de la désinformation concernant ce qu’est, ou n’est pas, la santé intégrative en disqualifiant le PL191 qui, selon eux, encouragerait les pseudo-sciences. Or, c’est tout le contraire.

Démystifier la santé intégrative: rigueur, données probantes et primauté du patient

Contrairement aux préjugés colportés par quelques observateurs peu familiers avec la médecine fonctionnelle et globale, les initiatives en santé intégrative n’ont jamais eu pour objet de «valider des théories farfelues» ni d’ouvrir la porte à une médecine sans fondement.

Elles reposent sur un principe fondamental: combiner le meilleur de la médecine scientifique occidentale, des pratiques reconnues par un ordre professionnel et des approches complémentaires non-invasives, en soumettant rigoureusement chaque intervention à l’évaluation de son efficacité, de son innocuité et de son niveau de preuves.

Loin de rejeter la médecine conventionnelle ou la pharmacothérapie, la santé intégrative cherche à replacer le patient au cœur des décisions médicales en lui offrant un éventail d’options thérapeutiques scientifiquement validées. Elle s’inscrit en parfaite harmonie avec la définition de la santé promulguée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui la décrit comme un état complet de bien-être physique, mental et social, et non pas seulement comme l’absence de maladie ou d’infirmité.

En santé mentale, ce paradigme implique d’aborder la personne dans sa globalité. Un symptôme psychologique ou un comportement problématique n’est presque jamais un événement isolé, réductible à un simple déficit chimique. Même si la médication peut s’avérer utile, les symptômes psychologiques s’inscrivent au croisement des dimensions biologiques, neurophysiologiques, psychosociales, environnementales et du mode de vie, dont la pratique ou non des saines habitudes de vie.

Faut-il rappeler que la psychothérapie était encore considérée comme inutile, il y a 20 ans? Lorsque j’ai débuté la direction de la trilogie « neurosciences et psychothérapie », la pratique faisait encore l’objet de nombreuses moqueries, alors qu’aujourd’hui beaucoup parlent des protocoles cognitivo-comportementaux standardisés qui ne sont plus cohérents avec les connaissances actuelles sur les traitements psychiatriques.

Prévenir les intérêts corporatistes

Certaines limites de la psychothérapie sont encore floues puisque, à lire certains textes de l’Ordre des psychologues, un parent qui régule les émotions de son enfant rencontreraient les critères de la pratique illégale. Leur intention corporatiste est de bloquer la relation d’aide ou le coaching soit-disant pour protéger le public. Comme la loi sur la médecine et celle sur le droit, les définitions sont de plus en plus larges, ce qui permet d’attaquer en justice des personnes qui, de bonne foi, pourrait aider leur prochain.

Pourtant, Pierre Desjardins – responsable des bonnes pratiques au sein de l’Ordre des psychologues – et plusieurs experts mandatés par les différents ordres psychosociaux se sont réunis pour déterminer les règles pour séparer la pratique protégée des interventions s’apparentant à la psychothérapie, sans toutefois en être. Malgré tout, l’Ordre des psychologues veut élargir la définition pourtant consensuelle.

Il faut donc qu’une institution extérieure aux intérêts corporatistes soient responsables de dicter les limites, afin de mieux protéger le public. L’Office des professions a son rôle, mais il n’a aucun contrôle sur le fonctionnement des ordres professionnels. En confiant formellement le mandat à l’Institut national de l’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) de dicter la nature et les règles des protocoles d’intervention, cela protègerait les professionnels de poursuites ubuesques et, surtout, cela protègerait mieux le public.

Les dérives du modèle monodisciplinaire: le cas révélateur de l’évaluation du TDAH et de la dépression

L’urgence de faire évoluer nos protocoles cliniques apparaît nettement lorsque l’on observe la crise de surprescription de psychotropes qui touche particulièrement nos jeunes générations. En considérant arbitrairement des conditions comme le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sous le seul angle d’un trouble neurodéveloppemental d’origine génétique, le système actuel est tombé dans un piège réductionniste et pharmacocentré.

Pourtant, les données scientifiques et démographiques démontrent les limites méthodologiques majeures de cette approche. Au Québec, la prévalence diagnostique du TDAH est nettement supérieure à la moyenne internationale. Des études épidémiologiques majeures ont notamment révélé un «effet du mois de naissance»: un élève né à la fin de l’été présente un risque statistiquement plus élevé de recevoir un diagnostic et d’être médicamenté qu’un élève né à l’automne, simplement en raison d’un écart de maturité développementale dans sa cohorte scolaire. De plus, alors que les consensus internationaux évaluent la prévalence réelle du TDAH entre 3 et 6%, les taux de prescription au Québec continuent de dépasser ces seuils raisonnables comme je l’ai démontré dans une note de recherche et plusieurs articles scientifiques révisés par les pairs.

Le problème fondamental réside dans les outils d’évaluation utilisés depuis trop longtemps. Les tests psychométriques mesurent la fréquence ou la sévérité d’un comportement, mais ils sont fondamentalement incapables d’en cibler l’origine. Les recherches récentes en neurosciences et en médecine intégrative recensent plus de 50 causes médicales, physiologiques ou environnementales distinctes — allant du stress toxique lié aux traumas d’enfance à la dysbiose intestinale par l’axe intestin-cerveau, en passant par l’exposition aux moisissures ou aux troubles du sommeil — susceptibles d’engendrer une symptomatologie rigoureusement identique à celle du TDAH ou de la dépression.

En l’absence d’un diagnostic différentiel systématique et multifactoriel — pourtant préconisé par l’INESSS —, les protocoles cliniques actuels échouent à discriminer la cause réelle des troubles. Résultat : on traite un symptôme en urgence par des molécules psychotropes au lieu de cibler l’origine sous-jacente du problème, maintenant ainsi les patients dans une dépendance prolongée envers le système de santé.

Pourtant, l’Assemblée nationale avait demandé au Collège des médecins et à l’Ordre des psychologues de réviser leur protocole d’évaluation et de traitement en 2000, après une commission parlementaire se penchant sur le sur-diagnostic et la sur-prescription relative aux symptômes du TDAH. Nous sommes en 2006 et les ordres n’ont toujours pas publié de révision du protocole. On est dans une impasse pour de nombreux protocoles en santé mentale.

La transdisciplinarité: décloisonner les soins et dépasser les chasses gardées corporatistes

Pour sortir de cette impasse, la multidisciplinarité ne suffit plus ; il faut faire le saut vers la transdisciplinarité. Là où la multidisciplinarité fait juxtaposers des professionnels travaillant chacun dans leur champ d’expertise étanche, la transdisciplinarité exige une vision commune, intégrée et transversale de la santé du patient.

Le réseau de santé québécois souffre d’un cloisonnement excessif, largement entretenu par les chasses gardées corporatistes des ordres professionnels basées sur des actes réservés. Les protocoles d’évaluation en santé mentale n’ont pratiquement pas été mis à jour par les instances décisionnelles professionnelles depuis plus de deux décennies, ignorant délibérément l’évolution de la science.

La santé intégrative ne crée pas de disciplines parallèles, mais elle décloisonne les expertises existantes. Par exemple, un patient pourrait souffrir d’un trouble anxieux sévère ou d’un TDAH associé à des troubles ventilatoires obstructifs du sommeil, l’intégration coordonnée d’un médecin, d’un inhalothérapeute et d’un psychologue ou ergothérapeute n’est pas une option idéologique: c’est une nécessité clinique pour traiter la cause plutôt que d’administrer un psychotrope en boucle. Dans un tel cas, on parlera surtout de multidisciplinarité.

Le concept de transdisciplinarité repose toutefois sur l’analyse du fonctionnement des différents systèmes physiologiques, des facteurs de risque ou de protection et des déterminants de la santé pour proposer un protocole en adéquation avec les symptômes, mais aussi la volonté du patient. Préalablement, un diagnostic différentiel aura été effectué afin d’identifier, au mieux, l’origine des symptômes. Par exemple, il a été rapporté que les symptômes du TDAH pouvaient avoir été causé par un ou plusieurs des 52 causes médicales ou psychosociales identifiées comme sources potentielles du trouble mental.

Les cliniciens doivent être guidés pour s’assurer que le patient dispose bien du meilleur traitement possible selon sa réalité, sa volonté et ses moyens. Conséquemment, l’objectif principal de la régulation et des guides de pratique clinique doit être d’accorder aux professionnels la souplesse nécessaire pour intervenir rigoureusement selon l’état réel des connaissances, sans que les guéguerres d’actes réservés ne bloquent l’accès aux soins appropriés.

Garantir l’indépendance de la recherche et valider scientifiquement les approches non invasives

La mise en place d’un cadre législatif moderne et rigoureux vise précisément à soumettre l’ensemble des pratiques de santé intégrative à des mécanismes d’évaluation scientifique indépendants. Il ne s’agit ni de tout valider aveuglément ni de rejeter d’emblée des approches non pharmacologiques sous prétexte qu’elles diffèrent des standards de l’industrie chimique.

L’histoire de la médecine démontre que des disciplines longtemps moquées par certains analystes — comme la chiropratique ou l’acupuncture — ont progressivement intégré le milieu universitaire et les collèges professionnels à mesure que les preuves scientifiques sur leur efficacité se sont accumulées. Il doit en être de même pour toutes les interventions non invasives, la supplémentation ou les habitudes de vie.

Toutefois, la recherche dans ce domaine fait face à un frein majeur: l’impartialité des financements. L’industrie pharmaceutique ou l’industrie des suppléments ont des intérêts commerciaux inhérents. De surcroît, les méthodes quantitatives s’appuient fréquemment sur des essais cliniques à double aveugle sont mal adaptées pour mesurer les effets transversaux, multifactoriels et longitudinaux d’interventions transdisciplinaires et préventives. Il ne s’agit aucunement d’abaisser les standards de preuve, mais d’adapter les outils méthodologiques pour mesurer l’impact clinique global et durable sur la santé publique.

Il est donc crucial de confier aux organismes publics et aux universités les ressources financières et méthodologiques nécessaires pour mener des recherches indépendantes et à long terme. Si une pratique complémentaire montre des bénéfices mesurables et une innocuité avérée, elle doit être intégrée dans le parcours de soins et pouvoir être considérée par l’assurance maladie. Si ses effets relèvent uniquement du placebo ou comportent des risques pour la population, l’instance d’évaluation nationale (comme l’INESSS) doit pouvoir statuer en toute clarté.

Le Québec est en retard tant sur le plan scientifique que sur le plan clinique

Aux États-Unis, 35 facultés de médecine (ainsi que trois au Canada) se sont regroupées au sein d’un consortium afin de promouvoir l’implantation de la médecine intégrative dans le milieu universitaire. Cette coalition a permis d’introduire l’enseignement de cette approche au sein des programmes de formation médicale et de dynamiser la recherche clinique sur les approches parallèles et complémentaires. Cet essor académique a notamment été soutenu et facilité par la création d’un organisme de financement de la recherche dédié au sein des National Institutes of Health (NIH) des États-Unis.

Au Québec, la Fondation Lucie et André Chagnon a financé la création des chaires pour l’enseignement d’une approche intégrée en prévention à l’Université Laval (2002), l’Université de Sherbrooke (2005) et l’Université de Montréal (2007). Selon la Fondation, cette approche associe les données probantes de la médecine occidentale et des approches complémentaires pour prévenir les maladies, en ciblant principalement les habitudes de vie. L’établissement de ces chaires témoigne de la volonté et de l’ouverture des facultés de médecine à inclure cette vision globale de la santé dans leur curriculum d’études.

Chantal Lévesque, une des pionnières du Mouvement pour une santé intégrative, a initié des colloques organisés à l’université de Montréal dès 2016. Plusieurs chercheurs – dont Dr Pierre Haddad, professeur titulaire au département de pharmacologie de la Faculté de médecine de l’université de Montréal – s’intéressent d’ailleurs depuis longtemps aux médecines autochtones, alors qu’on ne peut nier l’impact, pour traiter certaines maladies, des approches asiatiques comme en témoigne l’existence de l’Ordre des acuponcteurs.

Pour sa part, le processus visant l’intégration des ostéopathes au sein de l’Ordre des chiropracteurs va permettre aux autres professionnels de la santé d’y référer certains de leurs patients qui gagneraient à recevoir des soins moins invasifs. On en parle aussi pour les kinésiologues, dont le titre serait désormais réservés.

Au-delà de la reconnaissance de leur pratique par l’Office des professions, cela fait des dizaines d’années que nombre de professionnels de la santé développent d’ailleurs des protocoles singuliers pour répondre aux besoins des patients, surtout ceux qui souffrent d’une maladie chronique. L’approche intégrative ne veut pas dire de tourner le dos à la médication qui peut rester utile, mais que diverses stratégies peuvent exister, cohabiter ou être associées pour traiter une personne rencontrant des difficultés au niveau de sa santé.

Libérer la pratique: les professionnels de la santé se rencontrent

J’ai publié plusieurs ouvrages de référence ou chapitres de livres collectifs aux niveaux tant psychiatrique et clinique qu’éthique dès le milieu des années 2000. Plus récemment, j’ai rédigé des livres destinés aux milieux de l’Éducation pour intégrer les connaissances dans les processus didactiques afin de favoriser le développement de saines habitudes de vie et l’optimisation des facteurs de protection comme c’est encouragé à travers le Canada. Au début des années 2010, TVCogeco a coproduit avec l’IDEF des émissions vouées à exposer les différentes facettes de la santé intégrative, alors que j’ai dirigé deux livres collectifs sur cette approche de la santé. En 2019, j’ai organisé un congrès international en santé mentale intégrative ciblant les défis pour les jeunes et la manière de les accompagner (accès aux conférences filmées).

Toujours en 2019, un groupe de professionnels de la santé a, sous l’impulsion d’Éric Simard, Jean-Yves Dionne, Cynthia Gariépy et moi-même, créé l’Association des professionnels pour une santé intégrative. Depuis quatre ans, le groupe Humain 360 organise un congrès international en santé intégrative, réunissant près de 800 professionnels de la santé. Somme toute, les efforts pour décloisonner les pratiques rencontrent autant les besoins des patients que l’intérêt grandissant des thérapeutes. La santé intégrative ne repose pas sur des théories douteuses, mais sur des pratiques validées par différents processus de recherche scientifique.

Enfin, il est à signaler que, malgré plusieurs critiques que j’ai formulées à l’égard des poursuites ou des enquêtes qui servaient de leviers d’intimidation vécues par les professionnels de la santé par leur ordre, c’est essentiellement une problématique due au despotisme des syndics qui ne reflète pas les intentions des présidences et des membres des bureaux exécutifs de ces ordres. En effet, ceux-ci sont divisés en trois pouvoirs séparés, alors que les syndics ne font l’objet d’aucune régulation externe et la qualité de leur travail dépend malheureusement des idéologies de leurs enquêteurs. D’ailleurs, Humain 360 réunit des membres des ordres, des ministères de la santé, des chercheurs et des cliniciens pour tenter de créer un mouvement favorisant la mise en place de protocoles transdisciplinaires. La prochaine rencontre, à laquelle je participerai, aura lieu mardi 15 septembre prochain à l’UQAM.

Restaurer l’humanisme et la responsabilité scientifique

L’avenir de la santé, dont ce qui m’intéresse au niveau des protocoles d’intervention clinique ciblant les aspects multifactoriels des conditions psychiatriques, au Québec ne réside pas dans la perpétuation d’un modèle pharmacocentré ni dans la dénigrement stérile des initiatives d’innovation clinique. Il réside dans la capacité de nos institutions et de nos soignants à faire preuve d’ouverture, de rigueur et d’humanisme. Cela s’appuie notamment sur des protocoles de recherche, très fréquent en neurosciences, que Pierre Rainville a nommé « néo-phénoménologie ».

Il faut comprendre que reconnaître les limites des méthodes quantitatives pour explorer les effets des approches non-invasives ne signifie nullement renoncer à la rigueur scientifique ni s’en remettre au seul arbitraire de l’expérience subjective. Cela exige, au contraire, d’élever les exigences méthodologiques en mobilisant des devis adaptés à la complexité des systèmes vivants.

Pour documenter les pratiques intégratives qui, part définition, se centrent plus sur le patient et ses préférences, la recherche dispose aujourd’hui d’un éventail d’outils robustes, dont:

  • les essais pragmatiques randomisés qui évaluent l’efficacité d’une prise en charge globale en conditions réelles de pratique, sans dénaturer l’intervention;
  • les devis quasi-expérimentaux et séries temporelles interrompues, particulièrement rigoureux pour mesurer l’impact de changements comportementaux ou systémiques dans le temps;
  • les approches mixtes qui articulent des marqueurs biologiques objectifs (biomarqueurs inflammatoires, paramètres neurovégétatifs, analyses métaboliques) avec des indicateurs cliniques et fonctionnels.

Diversifier les protocoles de recherche pour mieux comprendre les phénomènes humains

C’est ici que l’intervention de l’État et d’organismes indépendants comme l’INESSS devient indispensable. La santé intégrative ne propose pas de substituer la pensée magique à la médecine moderne, mais d’élargir le panier d’options thérapeutiques fondées sur des données probantes en replaçant le patient au centre.

La médication est un outil thérapeutique légitime, mais elle ne saurait constituer l’unique réponse par défaut lorsque des interventions non invasives, comportementales ou environnementales peuvent être déployées en amont ou en complément.

Pour y parvenir sans tomber dans les dérives mercantiles, deux conditions sont incontournables :

  1. un arbitrage scientifique par des organismes publics: il revient à l’INESSS, et non aux ordres professionnels pris isolément, de définir des protocoles interdisciplinaires concertés, voire transdisciplinaires; si une pratique ou un produit démontre une efficacité clinique mesurable, il doit être intégré au continuum de soins; si l’effet relève uniquement de l’effet placebo ou n’offre aucune valeur ajoutée démontrée, il ne doit pas être soutenu par le système public, sauf s’il s’agit d’un soin de confort qui permet à la personne d’être mieux disponible pour le traitement conventionnel, comme la massothérapie ou certaines disciplines non-invasives faisant l’objet d’une formation rigoureuse, car cela impacte positivement l’état de santé psychocorporel et réduit les risques des effets nocebo des traitements conventionnels;
  2. une recherche publique affranchie des conflits d’intérêts: qu’il s’agisse de l’industrie pharmaceutique ou de l’industrie des suppléments et des produits naturels, aucune entreprise privée n’est exempte d’intérêts commerciaux; pour évaluer objectivement les pratiques non invasives et les interventions complexes, les universités doivent retrouver les moyens de mener des recherches totalement indépendantes. Cela exige que les fonds de recherche publics – comme les Fonds de recherche du Québec – mettent en place des programmes adaptés au financement d’études transdisciplinaires et de protocoles mixtes, souvent déployés sur des horizons temporels plus longs que les essais médicamenteux classiques.

C’est ce que visait le PL191. Certes certains phrases peuvent éventuellement créer des doutes, mais c’est du verbiage juridique, alors qu’Isabelle Poulet a travaillé avec Marie-Hélène Lessard, Éric Simard et moi, mais aussi une armada d’avocats mis à sa disposition comme tout député siégeant à l’Assemblée nationale.

Tout le reste ne sert qu’à nourrir les besoins narcissiques de polémistes en manque de visibilité sur le Net. L’un d’eux s’est d’ailleurs spécialisé dans l’application de la loi sur la diffamation et il cherche intentionnellement à provoquer pour avoir de la visibilité pour ses textes vides d’intérêt, mais hautement habillé d’une pseudo-chasse aux théories farfelues, quitte à mentir et à manquer de respect envers des personnes qui pourraient, si elles réagissaient en le nommant, lui octroyer cette visibilité qui l’attire tant.

Conclusion

Soutenir des initiatives législatives et des réformes cliniques transdisciplinaires, c’est choisir de protéger le public, de promouvoir l’accès à une information fiable, d’encourager la recherche impartiale et de redonner au patient son autonomie.

Il est temps d’élever le niveau du débat public, d’abandonner les procès d’intention et de travailler collectivement à la construction d’un système de santé réellement intégratif, préventif et centré sur l’être humain.

Il reste à espérer que la désinformation orchestrée par le bureau de communication de l’université québécoise ait le courage de sanctionner son rédacteur et de retirer son texte diffamatoire. Le problème, c’est les sommes astronomiques reçues par cette institution de la part de l’industrie pharmaceutique. On ne scie pas la branche sur laquelle on est assis, n’est-ce pas? Les bassesses sont de mises pour plaire à leurs financiers.

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