Quelle mouche les a piqués?

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Après quelques semaines à nous parler de l'hantavirus qui aurait été contracté par quelques touristes à la suite d'une balade - organisée par les gestionnaires d'une croisière - dans un dépotoir sud-américain pour y observer des oiseaux, le spectre de l'Ébola est à nouveau agité dans les médias mainstream. Des reportages, similaires aux précédentes alertes, nous font craindre le pire. Quelle mouche les pique?

On s’entend que le décès de chaque individu engendre une grande tristesse pour son entourage. Même si, par définition, nous mourrons tous, un jour ou l’autre, il y a des drames extrêmement pénibles quand un enfant ou un adolescent décède qui plus est dans un accident. Avant de lire la suite, je voudrais juste que vous entendiez ma compassion pour ceux qui vivent ces moments douloureux.

Après quelques semaines à nous parler de l’hantavirus qui aurait été contracté par quelques touristes à la suite d’une balade – organisée par les gestionnaires d’une croisière – dans un dépotoir sud-américain pour y observer des oiseaux, le spectre de l’Ébola est à nouveau agité dans les médias mainstream. Des reportages, similaires aux précédentes alertes, nous font craindre le pire. Quelle mouche les pique?

Une journaliste intègre

En 2012 ou 2014, lors l’une des deux précédentes épidémies d’Ébola, une journaliste de Radio-Canada est interviewée par la chef d’antenne du journal de 22 heures.

Peu avant, la Dre Liu – ex-directrice de Médecin sans frontière, une organisation incroyable qui vient en aide aux populations déshéritées – organise une simulation dans un hôpital de Montréal. Elle fait croire qu’une personne porteuse du virus entre aux Urgences, alors que personne n’identifie les symptômes qui, d’une part, sont simulés et, d’autre part, émergent d’une maladie jamais identifiée en Amérique du Nord.

Son but, sensibiliser. Soit. Mais aussi, effrayer. Elle le paiera par une carrière bloquée au niveau de la hiérarchie médicale et institutionnelle. Pas à cause de la sensibilisation, mais du procès d’intention qu’elle a tenu face aux gestionnaires stupéfaits.

Bref, on nous parle des ravages de la maladie en Afrique. On cite un nombre de décès inquiétants, localement et globalement si l’épidémie se propage.

Alors, que va faire une journaliste de Radio-Canada dans une zone si sensible? La chef d’antenne s’inquiète pour la santé de sa collègue et, comme un cri du coeur, elle demande: ‘mais, vous n’avez pas peur de mourir?’

Et la journaliste de répondre avec un tendre sourire, mais beaucoup de sérénité: « non, cela ne représente pas un danger si on a accès à de l’eau de qualité et du potassium! »

Simple. Net. Précis: de l’eau salubre et du potassium.

Surtout ne pas scier la branche sur laquelle on est assis

L’Afrique est régulièrement plongée dans des épidémies d’Ébola, on en parle, on en parle, on en parle. Mais, pourquoi MSF et, surtout, l’OMS ne rendent pas le potassium et l’eau accessibles?

La journaliste est bel et bien allée dans la zone d’épidémie et elle en est revenue. Douze à quatorze ans se sont écoulés. On reprend la même cassette: on crée la peur pour nous exposer la détresse sur nos écrans, mais il semble qu’on dépense si peu d’argent pour rendre le potassium et l’eau claire disponibles dans ces contrées africaines.

Ce ne sont pas des déserts, puisque ces régions sont collées à l’équateur et aux forêts luxuriantes. Il pleut. Il doit y avoir des nappes phréatiques. Le Canada produit des masses de potasse. Pourquoi les laissons-nous à leur sort quand on sait comment en prendre soin? Pour manger du popcorn devant nos écrans? Pourquoi n’agissons-nous pas de manière intelligente pour aider ces peuples?

Pourquoi des Zesperts perdent-ils leur temps à semer la peur au lieu d’exposer des solutions concrètes? Pourquoi ne pas dénoncer l’absence de mesures si faciles à mettre en place par les autorités, dont l’OMS?

Pour faire des clics et mettre en valeur les commanditaires? Pour vendre de la pub et faire consommer les spectateurs rivés de peur devant leur télé?

Le GIEC et Miss Météo

On pourrait faire un rapprochement avec les récentes annonces expliquant que les modèles du GIEC sont trop alarmistes. Bien sûr, il y a des changements climatiques, mais sont-ils réellement dus aux contribuables qui prennent leur auto pour aller travailler?

Bien sûr, ces changements impactent l’environnement et la santé des populations, comme en témoigne le Climatoscope de l’Estrie. Gouverner, c’est prévoir et les autorités doivent anticiper, mais ne se trompent-elles pas de sources des problèmes climatiques?

Puisque le GIEC a reconnu ses erreurs (tout comme les modèles de propagation de la Covid qui ont induit des mesures parfois trop rigides), quelle personnalité médiatique qui, précédemment, avait insulté les personnes qui ont questionné les alertes catastrophiques du GIEC s’est excusée de s’être emportée de la sorte face aux questions légitimes des sans-grades?

À quel moment est-ce que la science est devenue un instrument de propagande au profit de l’industrie pour augmenter les marges de profit des actionnaires?

Est-ce qu’on croit encore Miss Météo qui, en juin dernier, nous expliquait que s’il pleuvait le WE, c’est parce que les travailleurs utilisaient leur auto durant la semaine? Et la gentille dame continue de disposer de son temps d’antenne, comme si de rien n’était…

Un commentateur sportif doute que les Américains aient réellement foulé le sol de la lune, parce que (a) ce sont les seuls à y être arrivés, (b) personne n’y est arrivé, même pas eux, depuis 60 ans et (c) il y a des incongruences dans les images prouvant le miracle, alors que la Guerre Froide et les luttes d’égo étaient maximales. Il est banni de la chaine radio. Est-ce plus grave que la théorie de Miss Météo?

Certes, il y a chaque printemps des inondations, mais est-ce dû au climat ou à l’assèchement des zones humides et à la déminéralisation des terres fertilisées par des produits pétro-chimiques toxiques, ce qui empêche l’eau de pénétrer dans le sol? L’eau doit bien aller quelque part…

Pourquoi l’intégrité est-elle si souvent occultée?

L’intégrité ne devrait-elle pas être la pierre angulaire des quatre principaux pouvoirs? Pourquoi ne pas s’excuser quand on raconte de niaiseries et qu’on affuble ceux qui doutent?

Je ne suis pas le seul à regretter la désinvolture d’une certaine élite qui, au lieu de contribuer au bien commun local et global, recherche de ses griffes des minutes de gloire régulières dans l’espace public pour se sentir vivant. L’hantavirus, l’ébola, les changements climatiques, Donald, etc. Que d’opinions confondues avec des avis nuancés…

Il se peut qu’il y en ait qui soient vraiment inquiets face à la mort, mais alors vivez! Vivez pleinement. Vivre pour angoisser intentionnellement vos prochains ne vous rendra pas plus heureux. Le thrill de quelques instants de gloire va vite s’estomper… Et après? Vous aurez besoin d’un autre drame ou d’une ligne de coke pour vous sentir vivants?

Pendant ce temps-là, on ne parle pas des vraies choses: de la compassion, de la solidarité, de l’entraide, du soucis de son voisin…

Une confiance à rebâtir

On s’inquiète de la perte de confiance des citoyens face aux institutions civiles, universitaires et médiatiques, mais ces citoyens sont simplement déçus des amalgames et autres exagérations absurdes.

Il y a du beau monde dans ces institutions, mais ces personnes peuvent-elles parler librement pour exposer les nuances nécessaires?

Est-ce qu’on ne met pas trop souvent en avant des Zesperts au lieu de personnes qui viennent avec l’unique désir de créer une vie plus harmonieuse, empreinte d’une vraie compassion et respectueuse d’autrui?

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