Convergences ou divergences (Tome 1)
Cet ouvrage s’inscrit en continuité avec le travail précieux des précurseurs ayant rédigé les Traités de psychologie expérimentale. Toutefois, nous souhaitions aborder les neurosciences et la psychologie dans une perspective de mieux comprendre les processus et les effets de la pratique clinique en psychothérapie. Pour ce faire, nous avons regroupé des chercheurs intéressés par la pratique clinique et des cliniciens intéressés à théoriser leur pratique quotidienne à la lumière des neurosciences.
Les neurosciences ne pourront jamais accompagner pas à pas les psychothérapeutes dans le parcours qu’ils offrent à leurs patients. Dans un sens, il est heureux qu’il en soit ainsi, car la psychothérapie reste un art qui se déploie avec l’expérience et l’évaluation de celle-ci, seul ou en supervision professionnelle. L’histoire de chaque individu est en outre singulière, même s’il existe des comportements typiques de tel ou tel trouble en santé mentale.
Il n’en reste pas moins que les recherches en neurophysiologie, neuroimagerie ou phénoménologie offrent des occasions pour comprendre, corroborer ou réinterpréter des modèles explicatifs des traitements pour améliorer la santé mentale des patients. Elles offrent également des possibilités aux thérapeutes de porter un regard critique et bienveillant sur leur pratique clinique. Telle est l’intention qui a présidé à la rédaction de ce premier tome d’une série de livres s’intéressant aux substrats neuroscientifiques de la psychothérapie et de la psychologie.
À la question de savoir si les neurosciences et la pratique de la psychothérapie pouvaient avoir des moments de rencontres fécondes, on peut aujourd’hui répondre qu’il y a entre elles plus de convergences que de divergences. Les neuroscientifiques et les professionnels de la santé mentale auraient donc tout intérêt à créer des ponts entre les différentes pratiques psychothérapiques et les découvertes réalisées en neurosciences fondamentales, appliquées ou cliniques. Les chercheurs pourront y trouver également des pistes d’application, de nouvelles questions et des occasions pour réviser les modèles théoriques qu’ils proposent pour expliquer l’esprit et la condition humaine, et mieux soutenir ainsi la pratique clinique.
Les co-auteurs proviennent de Belgique (Ariane Bazan et Gertrudis Van de Vijver), des États-Unis (Jean Decety), de France (Marc Jeannerod et Jean-Luc Petit) et du Québec (Gilles Delisle, André Duchesne, Ginette Lépine, Joël Monzée, Pierre Rainville et Suzane Renaud). Ils sont chercheurs, cliniciens ou cliniciens-chercheurs.