Une manière différente de gérer la crise: apprendre à prendre soin de soi.

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Nous sommes sans cesse sollicités par de larges débordements d’émotions. Les nôtres. Dans nos familles. À notre travail. Dans la rue. Dans la presse. L’heure est à l’exagération de tout et de rien. Le dialogue est difficile.

Le « trumpisme » est parfois omniprésent: pour certains (et quelque soit leur opinion), la pensée ne peut être qu’unique, duale, sectaire. Une seule vérité. Et comme « la vérité » n’est qu’une illusion, une évanescence, celui qui s’accroche à ses croyances devient de plus en plus agressif, virulent, méprisant…

Comme je le dis fréquemment, « c’est facile d’être bienveillant quand tout va bien; le défi, c’est de rester bienveillant quand la situation se complique ou que les choses ne prennent pas la direction qu’on souhaite ardemment! »

GESTION DE CRISE

En février dernier, je vous avais partagé l’accident cardiaque de mon grand ami d’adolescence, à 33 ans.

Son décès m’avait profondément secoué. S’il est normal de s’éteindre à un âge vénérable, il est clair qu’il y a quelque chose de confrontant à l’idée de mourir aussi jeune, encore plus lorsqu’il s’agit d’un enfant.

Bien sûr, j’avais déjà frôlé à quelques reprises ma propre mort et j’avais vu le départ de personnes que j’aimais, comme mon petit frère, ma marraine et – quelques mois plus tôt – mes grands-parents. Toutefois, le décès de Pascal revêtait quelque chose de différent.

Pour intégrer une crise ou un deuil, il est nécessaire de plonger en soi. C’est ce que j’ai fait durant ces semaines de voyage en Belgique, entre deux retrouvailles de nos amis de l’époque… Je suis passé par les différentes étapes du deuil: état de choc, colère, peine, puis reprendre le cours de la vie…

Et je suis revenu au Québec, reprendre mes activités en recherche pour finaliser mon doctorat et mes implications sociopolitiques au sein de Force Jeunesse (qui m’ont conduites à être le lauréat de l’Avenir personnalité de l’année en 2002, décerné par le jury de Force Avenir), avec notamment Jean-François Roberge.

Mais, je travaillais comme un fou: impliqué, passionné, exigent envers moi-même. Visiblement, je n’avais pas compris le message qu’avait pour moi le décès de Pascal.

Aussi, mon corps – dans son intelligence – m’a cloué au lit avec des pierres au rein trois mois après mon séjour belge. Là, j’ai entendu l’invitation. Peut-être aussi sous l’effet des antidouleurs, je me souviens qu’un matin, j’ai rédigé cinq pages de questions, souvent enchaînées les unes aux autres, sur le sens de ma vie, sur ce que je voulais vraiment.

UN RAPPEL À L’ORDRE DE MON CORPS

J’avais de belles opportunités professionnelles qui se dessinaient, tant en recherche qu’en politique. Mais, qu’est-ce que je voulais vraiment? Me suis-je perdu quelque part? Qu’est-ce qui fait encore sens dans ma vie d’aujourd’hui? Bref, je me suis replié dans ma bulle. Pendant trois semaines.

Je n’avais pas encore d’enfants et j’avais quitté ma conjointe 18 mois plus tôt, car certains compromis n’étaient plus possibles. Mais, je me suis rendu compte que je n’avais pas réellement fait le deuil de cette relation. J’avais foncé dans mon travail plutôt que de prendre soin de ma peine car, même si j’étais certain de mon choix, il y avait encore des traces qui sommeillaient en moi.

Ce voyage en moi était donc un rendez-vous que je ne pouvais pas louper. J’étais tellement concentré sur mon cheminement intérieur que j’avais même oublié de prévenir mon patron de recherche qui, inquiet de ne plus me voir au laboratoire, m’a téléphoné pour s’assurer que tout allait bien…

Je vous partagerai, prochainement, une part de ma démarche et ce que cela a changé dans ma vie.

J’aimerais vous inviter à ce que vous fassiez, vous aussi, une part de cette démarche. Pour vous. Pour vos enfants. Pour votre partenaire de vie. Pour la société.

Pour vous rappeler que la vie est aussi précieuse qu’elle est remplie d’évanescences.

Pour sortir des culs-de-sacs dans lesquels les influenceurs et les influencés sont coincés. Vous ne pouvez pas faire le chemin à leur place, mais vous pouvez choisir la manière dont vous voulez vivre cette crise qui s’éternise.

APPRENDRE À MIEUX GÉRER LE STRESS

Pour le moment, nous sommes en pleine crise. Mondiale. Nous devons nous adapter et certains vont devoir se suradapter. Le burnout n’est certainement pas agréable à vivre, mais c’est mieux que l’arrêt des battements de cœur. Il impose un arrêt, une pause sur image… pour forcer la remise en question. Faire une expérience pour vous recentrer sur vos «essentiels».

Et dites-vous qu’on n’est pas obligé de se rendre aussi loin. On peut – pour paraphraser l’expression de Pierre-Yves McSween – se poser la question : «est-ce bien nécessaire?» pour de nombreux choix personnels, familiaux ou professionnels que nous avons à faire…

L’idée, c’est d’utiliser cette crise que personne n’a choisie. De définir comment et dans quel monde nous souhaitons nous impliquer.

On peut se laisser distraire, mais on peut aussi en profiter…

EXERCICE

La première étape: prenez un beau carnet et écrivez des questions sur votre vie pour identifier progressivement vos besoins essentiels. N’ayez pas peur d’y revenir quelques fois avant d’aller plus loin.

La deuxième étape, c’est d’utiliser cette série de questions pour identifier ou raviver vos idéaux. Regardez ce qui peut être, progressivement, transformé pour que votre vie se rapproche de vos idéaux.

Vous vous imaginez quel héritage fantastique vous laisserez à vos enfants ou petits-enfants si vous leur montrer comment s’impliquer et se responsabiliser pour construire sa part de bonheur? Inspirez-les en vous faisant du bien…

D’AUTRES RESSOURCES

Si le stress est nécessaire pour mobiliser la personne dans un environnement changeant, surtout si une menace ou un danger est présent, il déclenche des émotions agréables ou désagréables, mais aussi une cascade d’hormones.

Si ce stress devient chronique, il induit alors tellement d’insécurité qu’il déclenche des mécanismes de défense: attaque et fuite ou immobilisation et sidération… Utile dans le bois, mais tellement blessant en relations.

Découvrez comment prendre soin de soi autant pour éviter que nos mécanismes de défense ne finissent par blesser ceux qu’on aime: des outils concrets pour mieux vivre ses propres émotions.

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