De l'importance de Débatre en impliquant le public

Dès le début de mon doctorat, je me suis inquiété de l’usage inadéquat des découvertes scientifiques. C’est ainsi que j’ai effectué mon post-doctorat dans un laboratoire d’éthique politique pour y développer un axe de recherche en bioéthique. 

Présent dans les médias depuis 1998 notamment pour dénoncer la surconsommation de psychotropes, j’ai été étonné de la difficulté de débattre sur la place publique des défis scientifiques et éthiques induits par les stratégies vouées à protéger les personnes vulnérables durant la crise sanitaire. 

Outre mon implication sur plusieurs tables de travail ministérielles, j’ai participé à la création de Libre Média, un journal virtuel voué à explorer les risques pour le bien commun d’une science utilisée sans conscience.

Science et conscience

Alors que je réalisais mon doctorat, le hasard a fait en sorte que j’ai été impliqué dans différents comités de la Faculté de médecine et de l’université de Montréal, tout en contribuant au processus de rédaction de la politique scientifique que rédigeait mon mentor politique, le ministre Jean Rochon.

Les liens, aussi nécessaires que problématiques, entre les entreprises et les chercheurs universitaires ont des impacts non-négligeables sur les décisions gouvernementales et, conséquemment, sur la vie des citoyens, tel que je l’exposais dans mon essai (et des documents scientifiques) paru aux Éditions Liber en 2010.

Il est donc essentiel qu’une démarche réflexive multidisciplinaire accompagne la mise au point et la commercialisation d’innovations biotechnologiques. C’est d’autant plus important lorsque des mesures aussi novatrices qu’envahissantes sont dictées pour contrôler la transmission d’un virus.

Force est de constater que, depuis 2020, il est difficile de débattre, sur les plans scientifique et éthique, de l’usage d’une toute nouvelle technologie vouée, éventuellement, à protéger des personnes vulnérables. En d’autres mots, il est nécessaire de se poser des questions et de réactualiser les modèles scientifiques qui ont conduit à la prise de décision politique.

L’important, dans toute démarche éthique, n’est pas de chercher des coupables, mais de questionner le passé récent pour s’assurer qu’un futur proche ne reproduise pas des situations dans lesquelles le remède est pire que la maladie.

L’Affaire Patrick Provost, et les autres

Professeur titulaire à l’université Laval, Patrick Provost est une sommité dans le domaine du génie génétique, notamment en ce qui à trait aux technologies liées à l’usage d’ARNm pour traiter des maladies. 

En juin 2022, nous avons appris qu’il avait été suspendu pour deux mois, sans salaire, pour sanctionner le fait qu’il a demandé qu’on tienne un débat scientifique quant à l’usage de médicaments utilisant de l’ARNm. Au même moment, une lettre ouverte qui avait été publiée par Quebecor et relayée dans tous leurs médias a été retirée.

Cette lettre présentait le récent bilan officiel des personnes décédées au Québec pour une cause liée à la Covid, ainsi qu’une série de questions d’ordre éthique. Suite à de vives réactions d’influenceurs médicaux sur tweeter qui critiquaient les questions posées par Patrick Provost, la peur de perdre des commanditaires a sans doute contraint l’un des médias les plus puissants du Québec à retirer la lettre ouverte d’un des plus grand spécialiste dans le domaine. 

Cela fait suite à la condamnation de Stephan Bureau par l’ombudsman de Radio-Canada et le licenciement de la journaliste Francine Pelletier, suite à un article qu’elle avait publié dans Le Devoir, ainsi que le remerciement de la chroniqueuse Lucie Mandeville qui, dès l’été 2020, expliqua les défis pour l’OMS de faire la part des choses entre sa mission vouée à promouvoir la santé à travers le monde et les pressions politiques ou financières de ses bailleurs de fonds. 

C’est comme si on avait choisi de jouer collectivement le personnage de Tartuffe (Molière), et ce, malgré les bonnes intentions des uns et des autres depuis le début de la crise.

Les défis de débattre publiquement

On parle de l’usage médical d’ARNm, mais on pourrait parler de nombreuses autres technologies qui s’imposent dans nos vies sans qu’il n’y ait nécessairement eu de débat pour valider l’acceptabilité sociale. 

Combien de lanceurs d’alerte n’ont pas été vivement critiqués avant qu’on ne réalise qu’ils nous informaient de risques non-négligeables pour la santé des individus (ex. effets secondaires des médicaments, usage des produits OGM, starlink, etc.) ou pour l’environnement (ex. l’usage de pesticides, la relâche de produits toxiques, etc.), mais aussi pour préserver l’essence de la démocratie (ex. identité numérique, usage de caméras de surveillance, etc.)? 

La conscience scientifique est, depuis une vingtaine d’années, de plus en plus affectée, car le sous-financement public des universités contraint celles-ci à encourager la création de fondations, de chaires de recherche, de projets scientifiques commandités, de start-up, de licences de commercialisation, etc. Même si personne ne veut nuire, il n’en reste pas moins que la protection de l’image semble parfois primer sur la mission universitaire.    

Contrairement aux croyances de certains, l’absence de débats publics sur les stratégies en santé est bien plus en lien avec la volonté des décideurs universitaires soucieux d’assurer la survie financière de leur institution que des responsables politiques ou de la Santé publique. On peut constater le rôle ambigu d’institutions dont la mission est pourtant de défendre le public, comme Santé Canada, l’Institut de l’excellence en santé et services sociaux et le Collège des médecins, mais qui sont trop intimement connectés aux lobbies industriels. 

Pire, il y a aussi de plus en plus de croyances qui s’imposent comme des vérités immuables dans les théories scientifiques. Il est difficile de critiquer sans soulever la controverse voire des plaintes en représailles pour avoir poser des questions ou exposer des études scientifiques pourtant dûment publiées. Il en est de même pour oser s’interroger sur d’autres phénomènes de société qui ont été capturés par des lobbies idéologiques ou religieux. Facilement ridiculisé, il faut être solide pour oser braver les différentes formes d’intimidation qui s’expriment sur les réseaux sociaux. 

Ensemble, créons le changement

Libre•Média est un nouveau média indépendant qui œuvre à contribuer à la protection du bien commun, notamment en favorisant l’accès aux informations contradictoires et aux débats publics face aux enjeux qui nous touchent toutes et tous.

La création de Libre-Média

Durant l’été 2021, j’ai été approché par de jeunes journalistes qui désiraient créer un nouveau projet médiatique francophone. Leur projet était aussi ambitieux que stimulant. C’est ainsi que j’ai décidé de les accompagner dans cette aventure. 

Co-fondateur de Libre Média, j’ai participé aux différentes étapes de la mise en oeuvre de ce média qui, dans un premier temps, offre l’accès à des articles réflexifs quant aux sujets d’actualité tant au Québec que dans le monde. Dans un deuxième temps, nous allons diffuser des émissions webtv d’affaires publiques, toujours pour inviter les individus à développer plus d’autonomie.

Depuis septembre 2022, j’assume les fonctions de président du Conseil d’administration.

Comme je l’ai publié dans LaPresse au printemps 2021, «c’est impossible, pour un scientifique, d’éviter des biais, des raccourcis, des analyses statistiques aussi nécessaires que limitatives, des méthodologies réductionnistes pour faire une mesure d’un épiphénomène, etc.» C’est pour cela que la réflexion permanente, lors d’activités locales ou internationales, est nécessaire: co-construire des théories et réfléchir aux implications. 

C’est vrai pour le domaine scientifique, mais cela l’est autant pour les différents domaines influant sur les décisions personnelles, politiques et administratives. C’est une question de protéger le bien commun, notamment en sortant des sentiers battus, en identifiant les angles morts de belles initiatives ou en exposant les limites des instances vouées à la protection du citoyens. Ensemble, créons le changement.

chroniques webdiffusées ou webTÉLÉVISÉeS

Outre mon implication dans le développement de l’entreprise médiatique, je m’exprime dans deux séries d’activités: l’une dans le journal webdiffusé, l’autre dans une série webtélévisée. 

Mon but, contribuer à l’autonomie des citoyens en leur présentant des pistes, des outils et des stratégies pour mieux comprendre et choisir des manières de vivre cohérentes avec leurs valeurs humaines. 

Chroniques et entrevues

Depuis la mise en ligne de Libre Média, j’écris des chroniques pour explorer les défis qui contraignent la création et la tenue de débats publics, ainsi que de tables de réflexion éthique. 

La mission que je me suis donnée, c’est de contribuer à informer pour alimenter le débat éthique touchant les diverses technologies, notamment en santé.

Par ailleurs, je présente de temps en temps des entrevues de personnalités publiques pour explorer positivement leur travail quotidien voué à améliorer le sort des jeunes et des moins jeunes.

Simplement s’inspirer

Il y a un talent pur dans beaucoup de projets mis au monde aux quatre coins du Québec. Il y a également plein de questions face à la manière dont on gère notre santé physique, émotionnelle et financière. L’idée de cette série d’émissions d’intérêts publics est d’associer ces deux aspects pour encourager l’autonomie des personnes dans une perspective « penser globalement, agir localement »

Martine Laval et moi, nous recevrons, lors de chaque émission, un chroniqueur, un invité expert et un invité inspirant qui partageront le fruit de leurs expériences personnelles et professionnelles pour encourager les téléspectateurs en quête d’une vie plus saine et plus sereine à faire ces petites choses qui transformeront leur vie.

La diffusion de la première demi-saison débutera vers la mi-octobre 2022.