Que sait-on, au juste?

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Que sait-on, au juste?

Une amie me questionnait, il y a quelques jours, sur les réactions des personnes dans le contexte de crise sanitaire qui nous préoccupe désormais depuis des mois.

Force est de constater que nous sommes aux prises avec un stress chronique qui, idéalement, nous permet de nous adapter à l’instabilité des situations mais qui, malheureusement, engendre aussi beaucoup de comportements sombres.

C’est parfois tout un défi que de rester humble, généreux et altruiste quand notre vie vacille.

Je suis parfois très étonné de lire certains jugements de valeur dans les réseaux sociaux et dans la presse, même chez des personnes qui sont connues pour être soucieuses du bien commun. Elles aussi ont peur, mais elles ne s’en rendent pas nécessairement compte, alors elles tombent dans le jugement de ce qui n’est pas « ELLES »…

Que sait-on, au juste?

Comme le chantait Jean Gabin il y a bien longtemps, s’il y a une chose que je sais, c’est que je ne sais pas. Bien sûr, j’ai des connaissances scientifiques et, surtout, une expérience de vie d’une bonne cinquantaine d’années. Je peux me baser sur ces acquis pour prendre des décisions personnelles ou professionnelles, ainsi que pour accompagner des participants lors des formations que j’anime. Mais, il y a tellement d’incertitudes.

Je crois d’ailleurs que c’est un des plus grands défis du moment: apprendre à gérer cette constante incertitude. Comme scientifique, c’est une réalité omniprésente qui me pousse à être humble, même si certaines tendances (théories) peuvent se dessiner. Comme être humain impliqué dans la société, c’est plus délicat, plus difficile. Pour tout le monde. La difficulté de vivre l’incertitude crée beaucoup d’insécurité, ce qui polarise les avis ou les opinions.

Adaptation continue

Et puis, nous sommes confrontés aux réalités du confinement. Pour certains, c’est génial. Ils aiment la proximité avec leur famille immédiate. Ils aiment travailler à la maison. Ils ne cherchent pas nécessairement à courir tous les spectacles ou conférences.

Quelque part, ils se sont fait à l’idée de regarder des shows à la télé ou d’apprendre et travailler en visioconférence. Ils ont des ressources internes pour s’adapter à cette réalité humaine qui s’est imposée.

Pour d’autres, c’est un véritable enfer. À des degrés divers, ils perdent confiance et ils se sentent inquiets de ne plus pouvoir vivre selon leurs habitudes, que celles-ci soient agréables ou non.

Excepté si on cède aux dépendances au pot et à l’alcool, on ne peut plus fuir ses défis personnels ou familiaux. Dans ce contexte, il y a l’utilisation des mécanismes de défense qui peuvent accroître les difficultés pour rester en relation avec les proches!

Décoder et canaliser ses colères et sa jalousie

Parmi les comportements de défense, il y a la colère qui apparaît quand on a l’impression d’être coincé et brimé. Il y a une part de résilience dans cette émotion, mais ses manifestations peuvent être malheureusement blessantes ou destructrices si l’on ne la canalise pas vers des actions constructives. (voir la visioconférence en rediffusion)

Il y a aussi la jalousie. À qui parles-tu? Est-ce que l’herbe du voisin est plus belle? Lui fait cela, pourquoi pas moi? Est-ce que tu vas me trahir, me quitter? Est-ce que tu m’aimes encore? Nos enfants aussi sont jaloux de leur frère ou de leur soeur. Ils se comparent et vous le reproche éventuellement.

La jalousie était latente, parfois. D’autre fois, elle était déjà très présente. C’est un comportement humain assez généralisé, elle est universelle. Elle ne concerne pas seulement les amours. Elle peut induire des réactions qu’on essaie souvent de cacher, car sa manifestation n’est pas très jolie à vivre…

Comme toutes les émotions, elle fait toutefois partie de l’expérience humaine et elle recèle des secrets. Pour les découvrir, il s’agit de l’apprivoiser. Ce n’est pas pour rien qu’elle est fréquemment mise en scène dans les films et dessins animés. Comme la colère, il s’agit d’en comprendre le déclencheur et le sens!

Extrait de la formation sur la pleine présence animée par Joël Monzée.
Adapté de J. Monzée, Neurosciences, psychothérapie et développement affectif de l’enfant (2016), ainsi que Et si on les laissait vivre (2018)

Alors, on fait quoi? Le tout, c’est d’en prendre conscience et de voir comment cela agit pour arriver à le désamorcer. C’est nécessaire pour soi-même, mais aussi pour les personnes qui sont en relation avec le « soi-même » (voir la visioconférence sur la jalousie en rediffusion).

Transformer

Beaucoup de personnes ont peur d’entamer une démarche de développement personnel ou une psychothérapie. Parmi les hésitations, il y a la peur de replonger dans le passé, mais aussi une drôle d’idée qui nous fait croire qu’on ne vivra plus d’émotions.

Que nenni. Au contraire. On va les vivre les émotions. Intensément. Toutefois, on apprend à mieux connaître les déclencheurs de nos décharges destructrices et à mieux canaliser les mécanismes de défense vers des issues constructives. C’est l’essence de la pleine présence.

Certes, on peut ressentir plus de désagréments, parfois. Il est vrai qu’en se coupant des émotions, cela semble donner une meilleure qualité de vie, mais la sur-adaptation finit soit à manifester nos côtés sombres, soit à voir sa boucle de stress s’effondrer.

Dans une telle perspective, on apprend à accueillir les événements et à décoder les apprentissages personnels ou communautaires qu’on peut en retirer, puis à choisir de sa posture émotionnelle pour manifester notre part de lumière pour contribuer à une vie personnelle, familiale, sociale et professionnelle la plus épanouissante possible.

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