On est pas sorti du bois… Des enjeux éthiques doivent être désormais discutés.

Date

Depuis le 12 mars 2020, mais depuis janvier en Europe, les pays occidentaux sont aux prises avec un virus qui a émergé de Wuhan en Chine. Appelé communément « COVID-19 », le SARS-CoV-2 est associé de manière directe et indirecte au décès de plusieurs centaines de milliers de personnes, souvent des personnes âgées, mais principalement (99,3%) de patients ayant des maladies dégénératives non-stabilisées.

DES MESURES SANITAIRES VISANT LA PROTECTION DE LA POPULATION

Pour la première fois de l’Histoire connue, les décisions des gouvernements a été non pas d’isoler les personnes malades, mais de confiner toute la population, mettant en péril les économies de leur pays respectifs. Pour éviter d’hypothéquer encore plus les entreprises, deux grandes décisions ont été prises:

(1) encourager par tous les moyens légaux possibles la prescription de candidats vaccins (Vx), ce qui veut dire qu’on injecte un produit pharmacologique dont on ne connaît pas les effets à moyens et longs termes sur la physiologie humaine, et ce, même s’ils semblent réduire certaines formes graves des symptômes attribués au COVID, mais sans accorder le droit inaliénable à un consentement libre et éclairé aux patients;

(2) mettre en place des « pass-sanitaires » à défaut d’imposer une campagne vaccinale obligatoire pour indirectement atteindre les cibles visées par les experts de la santé publiques, que ce soient des fonctionnaires des institutions publiques ou des universitaires omniprésents dans les médias depuis l’hiver 2020, transformant du même coup les restaurateurs et les tenanciers de Gym en « contrôleurs » de l’état vaccinal de leurs clients.

Ce 10 août 2021, le Journal de Montréal rapportait une nouvelle intéressante pour le Canada. En effet, la compagnie américaine Moderna (MDA) envisage la construction dans quelques années d’une usine de fabrication de molécules présentées comme des vaccins (nom désormais donné aux médicaments prescrits aux personnes en santé dans l’espoir d’éviter des hospitalisations, voire des décès).

Le CEO de MDA expliquait, à cette occasion, que « l’objectif de l’entreprise est de fournir 800 millions et 1 milliard de doses de vaccins contre la COVID-19 dans le monde d’ici la fin de l’année, et en 2022, entre 2 et 3 milliards. »

QUESTIONNEMENTS ÉTHIQUES

L’autre grande « nouveauté » dans les décisions de la Santé publique concerne la manière dont on voudrait endiguer les effets du virus et de ses variants. Plutôt que de chercher des traitements (utilisés pour une petite partie de la population qui serait hospitalisée), la décision des responsables pharmaceutiques et universitaires fut de foncer dans le principe vaccinal (recommandé pour l’ensemble de la population).

Or, les Vx pour des grippes ou coronavirus doivent être réajustés chaque année, puisque ces virus mutent continuellement. On le voit avec la campagne annuelle pour la grippe et on commence à le constater pour cette crise sanitaire.

Cela veut dire qu’on devrait être invité à prendre la molécule « protectrice » à une certaine fréquence dans les prochaines années. Avec l’émergence des pass-sanitaires, la couverture complète des citoyens sera vérifiée à chaque fois qu’ils souhaitent faire une activité « non-essentielle ».

La satisfaction du PDG de MDA n’est donc pas une surprise. Cet été, le Canada a déjà annoncé qu’il consacrerait 130 milliards jusqu’en 2024 pour des doses, alors que la Belgique a réservé 24 millions de doses pour les prochaines années.

Sanofi a également reçu un beau mandat de PFZ pour fournir 120 millions de doses en France alors qu’une de leurs usines à Toronto vient de recevoir 400M$ du Fédéral (malgré les dividendes gigantesques) pour s’agrandir et produire des Vx ARNm.

« Le problème est certes sanitaire, mais il est surtout éthique. »

Joël Monzée, Ph.D.

La démarche réflexive qui devrait normalement accompagner toute innovation scientifique et encore plus sa commercialisation vise à aborder les différentes problématiques éthiques. Étant donné qu’on n’a aucune idée des effets sur les organes de ces candidats-Vx (et que les premières autopsies de vaccinés décédés sont inquiétantes), on peut s’inquiéter de déterminer à quel moment, l’enrichissement personnel ou professionnel (salaire, actions et dividendes, renommée internationale, subventions, pouvoir médiatique, etc.) est privilégié plutôt que la santé des êtres humains?

En effet, on n’est pas face à la rougeole ou la polio qui sont des virus stables qui justifient les campagnes chez les enfants. On n’est pas non plus face à la variole qui, en 1958-59, faisait 30% de décès.

Ce n’est pas non plus une technique comme celle pour lutter contre le tétanos qui réclame qu’on fasse des rappels tous les 10 ans. C’est une toute nouvelle technologie dont les données de recherche chez l’animal n’ont pas encore été publiées.

Et on est face à un virus qui mute abondamment, et ce, depuis les premiers jours de la crise sanitaire. Les influenceurs universitaires parlent d’ailleurs déjà d’une 5e vague à l’hiver. On peut donc s’inquiéter des décisions prises par le milieu scientifique et de la manière dont il conseille les responsables politiques.

Somme toute, on ne peut pas demander à Christian Dubé de réagir autrement qu’en gestionnaire: c’est un manageur, par un microbiologiste! C’est aux spécialistes de donner les bonnes informations pour guider les décisions du ministre de la Santé.

TROIS TYPES DE RECHERCHE OCCULTÉES DEPUIS DES MOIS.

Actuellement, il semble que seuls les Vx sont scientifiquement utiles, mais ce sont les seules avenues qui ont été financées tant par les entreprises que les responsables universitaires (subventions des IRCS ou du FRSQ, voire internes aux institutions universitaires et hospitalières).

Il est donc temps qu’on finance des équipes de médecins pour:
(1) regarder comment traiter les malades, plutôt que de se concentrer uniquement sur des promesses de Vx qui seront toujours en retard par rapport à la réalité sanitaire (on le voit d’ailleurs avec les Vx contre la grippe);
(2) étudier les personnes qui ont peu de symptômes (surtout les asymptomatiques non-vaccinés);
(3) étudier les patients qui guérissent sans aide pharmacologique (ils ne se rendent d’ailleurs que très rarement aux urgences).

Je discute régulièrement avec des médecins et des pharmacologues. Il y a des hypothèses cliniques très intéressantes, mais elles ne reçoivent pas l’attention scientifique qu’elles méritent, malgré des opportunités précieuses pour les patients affectés par les différentes variations du virus. Est-ce que ces observations cliniques pourraient être étudiées avec autant de fougue que celle que nous nourrissons face aux Vx ARNm?

La santé des individus est importante et il est normal de vouloir protéger les plus vulnérables. Les personnes vaccinées sont protégées pour quelques temps, alors que les non-vaccinées peuvent devenir des pistes intéressantes pour mieux comprendre la maladie et regarder des alternatives au processus récurrent d’injection de Vx.

Médicaments et performance humaine: thérapie ou dopage

LA LOGIQUE D’UNE ENTREPRISE EST RAREMENT SOCIÉTALE

Enfin, sachant les retombées politiques, économiques et universitaires d’une implantation d’une telle entreprise au Canada, se pourrait-il que, derrière des mesures nobles pour protéger la population d’elle-même, il y ait une lutte entre l’Ontario et le Québec pour accueillir MDA à Montréal ou Toronto?

On comprend pourquoi on présente une certaine uniformité des opinions dans le monde universitaire. Vous imaginez l’opportunité incroyable pour l’UdM, McGill ou l’INRS d’avoir un tel centre de recherche implanté à Montréal?

C’est un gros morceau de tarte pour tous les départements universitaires et les centres hospitaliers, puisque les chercheurs qui créent des collaborations avec les entreprises donnent 40% de leurs subventions aux institutions qui les abritent. Cela contribue à supporter toute l’institution!

Cela dit, il faut faire attention, car les entreprises ont des vocations mercantiles. J’expliquais d’ailleurs ces éléments dans mon livre « Médicaments et performance humaine » qui synthétisait 12 ans de recherche, notamment financées par les IRSC, sur les enjeux éthiques dans le monde biotechnologiques.

Par exemple, GSK a fourni, en 2009-10, des Vx contre le H1N1 à 3,6 millions de Québécois.

En parallèle, l’entreprise avait promis d’implanter une usine de fabrication de Vx au Québec, moyennant leur investissement de 80M$, alors que le Fédéral et le Provincial injectaient chacun 60M$.

Dix ans après, l’usine n’est toujours pas présente.

Sources:

  1. Journal de Montréal – https://www.journaldemontreal.com/2021/08/10/moderna-va-annoncer-la-construction-dune-usine-au-canada
  2. Profession Santé – https://www.professionsante.ca/moderna-construira-une-usine-de-vaccins-et-un-centre-de-recherche-au-canada
  3. Hansen et al., First case of postmortem study in a patient vaccinated against SARS-CoV-2, International Journal of Infectious Diseases 107 (2021) 172–175 (lire l’article)
  4. Joël Monzée, Médicaments et performance humaine, Eds Liber, Montréal, 2010.

Plus
D'articles