Le cerveau peut être leurré si facilement
24 avril 2021
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Le grand bleu

Dans le précédent texte, je vous avais expliqué les mécanismes qui s’activent quand on regarde un film d’horreur, mais aussi l’antidote par excellence pour réduire l’impact de la peur viscérale: l’état méditatif. 

Pourtant, il y a des films pour lesquels cela ne marche pas… Cette compréhension va vous aider à mieux vivre vos propres moments de stress ou d’anxiété.

L’ART DE LEURRER LE CERVEAU

Au milieu de mon adolescence, je faisais partie d’un groupe d’une dizaine d’étudiants. On faisait toute sorte d’activités: sports, camping, promenades, soirées dansantes, etc. Et comme beaucoup, nous allions parfois au cinéma. Et, comme beaucoup d’ados, nous allions voir des films d’horreur!

Parfois, le spectacle était à côté de nous et pas sur l’écran. En effet, une amie du groupe, Joëlle de son prénom, était tellement prise par le film qu’elle se mettait fréquemment à crier pour prévenir les acteurs que le danger se rapprochait d’eux.

Et à chaque film, c’était pareil! Qu’est-ce que Joëlle nous a fair rire!

Dans son livre TV Lobotomie, le neuroscientifique Michel Desmurget rapporte que les adolescents sont plus stressés que les enfants de 4 ans, alors que leur taux de stress peut être relié au nombre de films d’horreur qu’ils visionnent.

À la base, ils y trouvent du plaisir, mais cela finit par perturber leur compréhension du monde.

POURQUOI LES ADOS AIMENT CES FILMS?

Généralement, on ne voit qu’une scène intense. Tout le reste du film, la musique et le rythme vont maintenir le corps en état de survie mentale. Paradoxalement, l’état de stress nous maintient en hypervigilence, mais on cherche désespérément un « comparse » qui va prendre soin de nous, qui va nous sauver… Somme toute, si l’acteur survit au drame, on survivra nous-mêmes au pire.

On a beau dire qu’on aime le suspens, c’est surtout la recherche d’espoirs qui va mobiliser le spectateur. En effet, il espère de tout son coeur que les « bons » vont finir par survivre à l’effroyable situation… Somme toute, « papa » doit survivre pour protéger femme et enfants! Le leader du groupe survit pour protéger les personnages secondaires. Il faut terminer sur une note d’espoir.

C’est ce que les adolescents vont souvent aller rechercher dans ce type de films. Pris dans une transformation majeure de leur corps et de leur esprit, ce qui est la fonction primaire de l’adolescence, ils ont besoin d’espoir pour triompher de leurs pensées sombres.

Ils ont besoin de croire en quelque chose.

Ils ont besoin somme toute d’espérer que les choses finiront bien.

LE GRAND BLEU

Je ne sais pas si vous avez vu le film culte de Luc Besson « Le grand bleu » qui raconte l’histoire de deux athlètes qui s’enfoncent en apnée dans les profondeurs des mers. Au-delà de l’amitié et de la compétition, le film explore donc des thèmes comme la quête de l’absolu et son éventuelle conséquence qu’est la folie quand on rencontre l’angoisse existentielle.

À la fin du film, on voit Jacques Mayol, le personnage principal, lâcher le filin pour rejoindre un dauphin à plus de 100 mètres de profondeur. Spirituellement, le personnage pouvait enfin toucher, au coeur de son expérience émotionnelle (l’océan), à la partie la plus sacrée de son existence, son âme (le dauphin)…

C’est ainsi qu’il se dit que l’oeuvre n’aurait pas marché aux États-Unis sans ajouter une scène essentielle! La scène finale y fût donc différente de celle présentée en Europe et au Québec.

Dans la version étasunienne, on voit le personnage revenir à la surface, comme c’était – de toute façon – déjà illustré sur l’affiche promotionnelle. 

Le scénario doit bien finir pour les « bons », sans quoi c’est trop angoissant pour le commun des mortels.

DEUXIÈME ANTIDOTE

Dans le texte exposant comment le cerveau est facilement leurré, je vous expliquais (1) les mécanismes biologiques qui expliquent comment certains films prennent le contrôle de notre esprit, ainsi que (2) comment la méditation permettait de diminuer, voire d’empêcher, la fragmentation du cerveau quand on regarde un film d’horreur…

D’expérience, je peux vous dire que cela marche très bien. Sauf une série de films: Destination finale. Si vous connaissez la série, vous savez que les personnages échappent au début du film à un terrible drame. Malheureusement, ils finissent – un par un – par mourir. On le sait. C’est l’originalité de cette série. Ils passent leur temps à envisager deux, trois, quatre options possibles qui conduiront inéluctablement au décès du personnage. Et comme il n’y a plus d’espoir, la méditation – du moins pour moi – n’est pas suffisante.

Somme toute, nous avons besoin d’espoir. C’est dans la nature de l’être humain. Quand nous sommes aux prises avec des situations qui mettent réellement ou virtuellement notre vie en danger, nous avons besoin de sentir que nous pourrons nous en sortir. Sans espoirs, l’angoisse peut devenir terrible.

Autrement dit, la méditation (premier antidote) vous aide, mais vous avez besoin également de vous construire un chemin qui vous redonnera espoir (deuxième antidote). La pleine présence est un moyen de les dynamiser et d’accentuer l’efficacité de ces deux antidotes. Si vous voulez en savoir plus sur la pleine présence et l’état méditatif, je vous donne rendez-vous dans ma formation en ligne qui vous initiera à la pleine présence!

Toutefois, il y a encore quelque chose qui manque! Ce sera le sujet de mon prochain texte et je vous reviendrai avec un 3e antidote!

FORMATION EN LIGNE: INITIATION À LA PLEINE PRÉSENCE

Le stress est nécessaire pour mobiliser la personne dans un environnement changeant, surtout si une menace ou un danger est présent. Le stress déclenche alors des émotions agréables ou désagréables, mais aussi une cascade d’hormones.

Si le stress devient chronique, il induit alors tellement d’insécurité qu’il déclenche des mécanismes de défense… jusqu’au moment où l’effondrement psychologique arrive. Comment éviter de se sur-adapter ou de tomber en burnout?

Développez votre pleine présence pour mieux vivre votre stress et les situations anxiogènes! Accédez à une formation en ligne pour vous aider à développer des outils concrets et des stratégies efficaces qui vous permettront de mieux vivre les situations de stress et d’anxiété (en savoir plus).

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EN SAVOIR PLUS:

  • J. Monzée, Les sensations cutanées contribuent à la réassurance affective tant du poupon que de sa mère, Spirale, 2019, n0 89 : 49-59
  • J. Monzée, Évolution des connaissances biotechnologiques et pratiques psychothérapeutiques, Revue québécoise de psychologie, 2012, vol. 33(2): 97-122.
  • J. Monzée, Et si on les laissait vivre? Québec, Éditions Le Dauphin Blanc, 2018.
  • J. Monzée, J’ai juste besoin de votre attention – Aider les enfants et les adolescents aux prises avec le stress et l’anxiété, Québec, Éditions Le Dauphin Blanc, 2016.

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