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Le cerveau peut être leurré si facilement

Lorsque je donne une formation, j’aime beaucoup faire référence à un certain type de films pour aider à comprendre comment l’enfant ou l’ado voit son cerveau fonctionner à certains moments de la journée, surtout juste avant une crise.

Qu’on les aime ou qu’on les déteste, les films d’épouvante – et dans une moindre mesure, les films à suspens – vont prendre le contrôle de votre esprit et vous faire vivre, pour le meilleur et pour le pire, deux bonnes heures de « déconnection neurale ».

SCENARII TYPIQUES

Les films d’horreur sont généralement basés sur la même structure gagnante. On installe le décors, on vous fait rencontrer virtuellement un papa, une maman, une petite fille et un petit gars. Même si c’est un groupe de sportifs ou des chercheurs occupés à étudier un animal sauvage, vous retrouver ces quatre formes de personnages.

L’histoire débute. Le scénario s’arrange pour les situations exposées vous permettent de ressentir de l’empathie. Petit à petit, on va s’attacher à eux. Assez de détails pour qu’on se reconnaisse en eux. Et là, la résonance émotionnelle joue son rôle… L’histoire peut alors se compliquer.

Soudainement, le voisin, souvent peu sympathique, se fera avaler par un animal sauvage. On voit le voisin découper en morceau, et ce, même si l’animal – dans la réalité – n’a que faire de dévorer des êtres humains. L’angoisse ancestrale d’être dévoré fait le travail dans votre cerveau: il débranche votre intelligence.

Éventuellement, ce sera le tour du brave facteur ou celui du mononcle isolé, histoire de bien vous interpeller. On n’a plus besoin de vous montrer des scènes macabres, l’idée suffit pour faire rejaillir dans votre esprit les images du voisin et l’angoisse de dévoration. Ça marche à tous les coups: votre cerveau est débranché. Même si le film est nul.

OUPS! LE CERVEAU EST LEURRÉ…

Un exemple: le premier opus de Jurassic Park. Un scientifique (papa), une maman, sa fille et son fils, sont accompagnés par un cowboy stupide. Arrive le dinosaure. Le quatuor s’immobilise (le reptile ne peut pas les voir, car son système neurologique a besoin de mouvements pour voir la proie), le cowboy se déplace et se cache dans une micro-cabane (le reptile peut identifier où il est, car il a été en mouvement précédemment) et il se fait avaler tout cru.

Intellectuellement, on sait que ce sont des trucages, mais tout notre corps réagit comme si nous étions nous-mêmes en danger d’être dévorés. Notre cerveau a été leurré. Plus on est jeune, plus cela marche. Deux grands mécanismes expliquent cette réactivité qui, face à un vrai danger, nous protègerait, mais qui – devant la télé – nous fait vivre plein d’émotions.

Le premier est neurologique. Le cerveau a fragmenté dès le moment où l’animal sauvage a grignoté son lunch improbable. La partie la plus humaine du cortex, celle qui tempère les émotions, est débranchée. Les artères se compriment en une fraction de seconde et beaucoup moins d’oxygène arrive dans cette partie du cerveau. Elle s’inactive automatiquement.

À contrario, les artères vont s’élargir encore rapidement dans les parties émotionnelle et reptiloïde du cerveau, ce qui facilitera l’accès aux comportements de défense. Vous commencer à ressentir la peur, à bouger, à crier peut-être… Quoi qu’il en soit, vous vous mettez à respirer plus vite et le coeur va s’accélérer.

Le second est d’ordre hormonal. La boucle de stress va venir amplifier le mécanisme pour s’assurer que vous puissiez vous-même survivre à cette terrifiante idée d’être dévoré tout cru. Vous aurez chaud. Les poils vont se dresser. Vous aurez peut-être mal au ventre. D’autres hormones vont, ensuite, être libérées pour s’assurer que vous restiez assis devant l’écran…

UN ANTIDOTE

Avant 20 ans, le cerveau n’est pas capable de défragmenter sans support affectif. Le jeune a besoin d’une personne en qui il a confiance pour s’apaiser et relâcher ces mécanismes neurohormonaux. D’ailleurs, les enfants vont préférer être punis (attention négative) que de rester seuls quand leur cerveau fragmente. Et les ados ont besoin de leur groupe d’amis…

Et nous les adultes? Il y a un antidote: la méditation.

Il est prouvé que plus une personne prend le temps de méditer, plus elle est en mesure de maintenir des états zen dans sa vie de tous les jours. Somme toute, la position du lotus si fréquemment exposée n’est qu’un entraînement pour créer un état de paix en soi. La vraie vie vous attend pour l’expérimenter en tout temps.

Ainsi, l’état zen devant un film d’horreur fait en sorte que vous avez peu de réactions de survie. Malheureusement, vous embarquez moins dans le film qui peut même devenir quétaine, sauf si c’est un scénario intelligent ou qu’il vient toucher vos cordes sensibles (votre propre histoire de vie). Dans de tels cas, cela demande un effort supplémentaire pour maintenir l’état zen.

Développez votre pleine présence: une formation en ligne pour vous aider à développer des outils concrets et des stratégies praticico-pratiques qui vous permettront de mieux vivre les situations de stress et d’anxiété (en savoir plus).

D’expérience, je peux vous dire que cela marche très bien. Sauf une série de films: « Destination finale ». Je vous expliquerai pourquoi dans un prochain texte, ce qui sera une belle occasion pour vous présenter une deuxième clé pour développer vos antidotes à la peur, le stress et l’anxiété…

D’ici là, accordez-vous du temps pour apprivoiser cet antidote! Il faut savoir que l’expérience de méditation en position lotus n’est qu’une seule des options pour explorer l’état méditatif. Il en existe d’autres et cela peut-être essentiel pour que cet état d’être puisse vous envelopper toute la journée lorsque vous êtes actifs, vous travaillez ou vous vous occupez de vos enfants ou ados!

Si vous voulez en savoir plus sur la pleine présence et l’état méditatif, je vous donne rendez-vous dans ma formation en ligne qui vous initiera à la pleine présence!

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EN SAVOIR PLUS:

  • J. Monzée, Les sensations cutanées contribuent à la réassurance affective tant du poupon que de sa mère, Spirale, 2019, n0 89 : 49-59
  • J. Monzée, Quelques mécanismes neurologiques de l’excès, Philo & Cie, 2013, numéro 5: 36-39.
  • J. Monzée, Évolution des connaissances biotechnologiques et pratiques psychothérapeutiques, Revue québécoise de psychologie, 2012, vol. 33(2): 97-122.
  • J. Monzée, Et si on les laissait vivre? Québec, Éditions Le Dauphin Blanc, 2018.
  • J. Monzée, J’ai juste besoin de votre attention – Aider les enfants et les adolescents aux prises avec le stress et l’anxiété, Québec, Éditions Le Dauphin Blanc, 2016.

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