Dans quel monde voulons-nous nous impliquer?

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Dans quel monde souhaitons-nous vivre?

La semaine dernière, j’ai dû régler pour la Xième fois un problème avec la compagnie qui me désert internet. Comme le problème est récurrent et qu’il ne se gère pas « au premier niveau », je demande systématiquement de parler avec un « superviseur ».

Sa première question, probablement un automatisme de politesse, est de me demander « comment allez-vous, monsieur? » Et de répondre « bien, merci, et vous? » Là, un silence. Et le superviseur de poursuivre en me disant « savez-vous que vous êtes le premier à me le demander aujourd’hui? » L’homme allait pourtant bientôt terminer sa journée.

Par ailleurs, j’ai dû louer une machine pour réparer quelque chose dans ma maison. La première livrée ne fonctionnait pas de manière adéquate. Échange avec le responsable de l’entreprise de location. J’explique le problème, petite mésentente sur un élément qu’il ne m’avait pas informé, mais règlement dans la bonne humeur. L’homme finit par me dire « merci. » Je le sentais ému.

Puis, l’échange de machine a pris plusieurs heures de plus qu’annoncé. « C’est la vie » ai-je dit à l’employé qui m’a livré la machine. Là aussi, je le sentais soulagé… et presque heureux de l’accueil qu’il avait reçu. Je sentais qu’il en aurait eu long à dire.

Ce matin, je réglais les derniers détails et faire le paiement final de cette location. Le responsable s’excuse une nouvelle fois des petits problèmes rencontrés lors de la livraison. Je lui réponds que cela fait partie de la vie. Et il me répond, tout aussi ému que lors du précédent échange, « merci, les personnes aimables sont rares ces derniers temps. Généralement, je me fais crier dessus, voire insulter. »

QUEL MONDE VOULONS-NOUS?

J’avais, il y a quelques jours, un échange avec notre fille aînée. Cela touchait la responsabilisation personnelle et la manière d’entrer en relation avec autrui face à un dilemme dans lequel elle se sentait prise. Échange parent-ado tout à fait normal. Je lui disais « tu sais, tout dépend du type de relations que tu souhaites nouer avec quelqu’un, de la personne que tu veux être. »

Depuis des mois, je vois à quel point la détresse de plusieurs personnalités publiques les amènent à décharger de la rage, de la haine et des insultes sur les personnes qui ne pensent pas comme elles. Plusieurs secteurs de la vie civile et des défis collectifs sont touchés. On voit même des chercheurs mettre de l’huile sur le feu, arborant leur PHD comme le Curé Caron présentait la Croix pour se donner un peu de pouvoir et justifier toute la démesure de ses propos.

J’ai de la compassion pour ces personnes, elles doivent tellement être en difficulté pour gérer leurs enjeux et leurs défis personnels, familiaux ou professionnels. Elles oublient qu’une société démocratique se bâtit autour de divergences nécessaires pour faire évoluer autant les pensées que protéger le bien commun.

Mépriser autrui crée un double problème. D’une part, ces personnalités ont oublié que leur statut social et la médiatisation de leurs propos influent sur les gens, sur la manière dont ces personnes vont se sentir confortées dans leur bulle mentale et haïr ceux et celles qui ne répondent pas à leurs demandes, souvent illégitimes.

D’autre part, la décharge de frustration, de colère et de haine sont d’autant plus véhémentes que la personne est dans l’erreur relationnelle et conceptuelle de ce que devrait ou ne devrait pas être la société. Quand on est dans la justesse, il n’y a pas besoin d’agressivité, même si l’autre n’est pas d’accord.

J’ai de la compassion, mais aussi beaucoup de peine de voir comment le tissus social se détruit progressivement. Comment l’intégrisme intellectuel devient une nouvelle forme de religion. Comment les échanges entre les êtres humains sont de plus en plus catastrophiques.

Avant, il y avait le Président Trump qui canalisait, tel un paratonnerre, cette rage collective. Je me souviens d’avoir lu une chronique d’une célèbre chroniqueuse à la fin du mandat présidentiel. Et je me suis dit « qui vas-tu haïr quand il aura perdu les prochaines élections? »

C’est aussi une question que j’ai posée à plusieurs de mes patients qui étaient prompts à dégainer leur agressivité vers un gars, certes déplaisant, mais élu qu’on le veuille ou non… et surtout, président du pays voisin, pas du Québec. Et encore. Ce ne serait pas plus justifiable si cette rage était dirigée vers un PM québécois.

Cette question dans le cadre thérapeutique les invitaient à remarquer que l’homme reflétait une part de notre propre difficulté à interagir avec calme et respect quand autrui résiste à nos attentes… Et que c’était une invitation à choisir « autre chose » dans nos vies.

QUEL GENRE DE RELATIONS SOUHAITONS-NOUS?

Je reviendrais à la discussion que j’avais avec notre aînée… Quel types de relations souhaitons-nous nouer avec autrui? Quel genre de personnes voulons-nous être? De quelle manière voulons-nous exposer notre point de vue pour éviter de nous exprimer avec mépris? De quelle ressources avons-nous besoin pour accueillir autrui, même s’il ne pense pas ou ne vit pas comme nous?

La crise sanitaire nous confronte continuellement. Certes, il y a des luttes de pouvoir… et un sentiment d’impuissance, parfois, qui peut donner l’illusion que nos décharges de colères sont légitimes. Il y a des enjeux et des défis sociaux et sociétaux qui ne pourrons être résolus par la violence verbale. Le calme, la nuance, la présence et la compassion devrait nous inspirer pour construire ce monde auquel nous aspirons probablement tous…

J’ai hâte que les personnalités publiques puissent s’élever pour offrir de vraies pistes respectueuses pour solutionner nos défis collectifs.

J’ai hâte que les personnalités publiques se rendent compte qu’elles ont une responsabilité personnelle dans les décharges de violence qu’on constate tristement autour de nous.

Élevons-nous.

Choisissons autre-chose.

Créons de nouvelles manières de communiquer basée sur la bienveillance.

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