À l’aube de la rentrée scolaire, que sait-on actuellement de la situation sanitaire?

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Marc Van Ranst (le Karl Weiss belge) apaise les craintes d’une quatrième vague: « Avec notre taux de vaccination, impossible que les hôpitaux soient à nouveau saturés« 

En effet, les Belges sont largement vaccinés à savoir 84% une dose et 80% deux doses (13/08/2021). C’est similaire au Québec pour la première dose et est légèrement supérieur à ce que nous avons pour la 2e dose.

FAITS CLINIQUES

Il faut savoir toutefois que, du moins au Québec, les personnes qui ont eu la covid précédemment n’ont pas besoin d’une 2e dose pour avoir accès au pass-sanitaire (il faut le code de guérison + le code de la 1ère dose). Les anges-vaccineurs ne le savent pas toujours et vous proposent aisément un 2e rendez-vous. Dès lors, il vous faut parler à un superviseur-informé.

En ce qui concerne les hospitalisations, elles sont similaires dans les deux pays. Toutefois, deux phénomènes cliniques ont été observés pour expliquer le taux de personnes n’ayant reçu aucun candidat-Vx actuellement hospitalisés dans les pays occidentaux.

D’une part, la molécule-protectrice tend à non seulement à réduire les risques de formes graves, mais aussi réduire l’apparition des Sx. Un peu comme les pilules qu’on prend pour faire disparaître les Sx du rhume. Autrement dit, les personnes ayant reçu leurs doses peuvent être asymptomatiques et transmettre le virus à leur entourage, et ce, d’autant plus qu’elles sont rarement testées. C’est pour cela que le Gouvernement rappelle que les gestes barrières, dont le port du masque, sont nécessaires, même chez une personne doublement vaccinée. Les publicités en parlent abondamment! Il faut donc continuer à faire attention.

D’autre part, la décision d’une hospitalisation est basée sur la présence de Sx envahissants, mais aussi sur le jugement clinique. Dès lors, la Santé publique belge (Sciensano) a révélé mardi dernier que, tant par prévention que pour observer l’évolution médicale des personnes qui se présentent à l’urgence, les médecins avaient tendance, actuellement, à hospitaliser des personnes symptomatiques non-immunisées par un candidat-Vx sans nécessairement avoir besoin de soins intensifs. Ces patients sont, par la même occasion, rassurés d’être suivies médicalement, car certains ont peur – à cause des mots utilisés par certains experts dans les médias – que leurs Sx deviennent envahissants. Ainsi, les cliniciens commencent à documenter les conditions d’efficacité de traitements et mieux comprendre le processus de guérison médicalisé. L’étape suivante sera certainement de mieux comprendre pourquoi la plupart des personnes infectées guérissent sans avoir recours à la pharmacopée proposée.

RESPECT & BIENVEILLANCE

D’un point de vue économique, l’Agence France-Presse expliquait que le pass-sanitaire est une option strictement politique pour éviter le reconfinement des entreprises. Soit. Cela se justifie peut-être dans certains pays dont le taux de vaccination est inférieur à 60%, mais la Belgique estime que c’est une pression sociétale qui pourrait amener plus de division et trop de sentiments de sécurité chez les détenteurs du pass. Enfin, certaines activités sont plus à risque, car les gestes barrières sont difficiles à respecter.

C’est juste dommage pour les restaurateurs, car on pense qu’ils vont perdre 25% de leur clientèle. En effet, la vaccination n’est pas uniforme dans les couples (parfois, l’un a reçu ses doses, pas toujours l’autre) ou les familles (certains jeunes ont fait le choix de ne pas recevoir le candidat-Vx) ou les groupes d’amis. On peut imaginer qu’il est parfois difficile de différencier un resto d’une brasserie ou d’un bar, donc le premier paie pour les deux autres lieux de loisirs.

Considérant ces éléments, on pourrait même dire que le pass-sanitaire va protéger les personnes qui ont fait le choix de ne pas recourir au candidat-Vx, puisque les bars, les gyms ou des salles de spectacle bondées sont moins bien ventilés que nos écoles! Comme le virus va continuer à se propager, qui plus est avec le variant delta, le pass-sanitaire s’assure de réduire cette transmission d’asymptomatiques à asymptomatiques (parce qu’aucune entreprise ne vous laissera rentrer si vous avez des Sx).

Par ailleurs, PFZ et MDA n’étudient plus leur candidat-Vx avec un groupe contrôle. Ils se basent – pour affirmer leur efficacité – sur leurs études (et pas des études indépendantes). Ils ont affirmé que ce n’était pas éthique d’avoir des groupes-contrôles (non-Vx). Aussi, on peut donc remercier le 16% des résistants à leur molécule pharmacologique qui, en Belgique comme au Québec, vont permettre de mieux vérifier l’efficacité des médicaments proposés pour endiguer l’épidémie.

CIEL OUVERT

Dans les prochains mois, on pourra donc en savoir plus. Nous sommes plongés, depuis 18 mois, dans un bocal de pétrie, en pleine expérimentation scientifique à ciel ouvert. Personne n’a de réponses claires. Personne ne sait. Nous apprenons. Il y a des décisions politiques, mais elles peuvent évoluer au fil du temps puisque personne ne détient les clés pour sortir de la crise.

En Science, on observe les situations et il faut rester prudent, nuancé et circonspect. Si une personne affirme un peu trop son point-de-vue et, surtout, ne le nuance pas avec délicatesse et respect, il faut se rappeler que c’est alors une simple opinion personnelle et certainement pas un avis scientifique. Plus une personne est agressive et méprisante, moins elle a de sagesse ou pire, d’arguments scientifiques pour contrebalancer une opinion contradictoire.

En conclusion, symptomatiques et asymptomatiques, vaccinés ou non, transmettent le virus, donc faisons attention! Respectons les gestes barrières et les choix personnels en matière de santé, car tous contribuent à mieux comprendre ces situations expérimentales. Et, surtout, personne ne sait ce qu’il adviendra dans les prochains mois.

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