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Et si on utilisait des stratégies éducatives qui s'appuient sur les forces de chacun?

Les interventions universelles sont des ressources essentielles pour tous les adultes qui accompagnent des enfants et des adolescents qui, parfois, peuvent nous bousculer par des comportements dérangeants, comme les crises, les distractions, leurs besoins de bouger, leur caprice ou les claquements de porte.


Attention aux diagnostics

Ces dernières années, plus en Amérique du Nord qu'en Europe, la mode est à l'usage d'utiliser les diagnostics psychiatriques pour déterminer le mode d'intervention, voire l'organisation des écoles. Même si les diagnostics sont utiles pour les professionnels de la santé, cette mode n'est pas sans risques tant pour l'enfant que pour l'adulte.

En effet, les études scientifiques ont peut-être établi des normes, mais celles-ci ne tiennent ni compte du contexte, ni du sens des comportements des enfants et des adolescents. Ainsi, les interventions se centrent d'avantages sur les symptômes pour normaliser le comportement, au lieu de s'adresser pas aux besoins en termes de développement.

L'adulte, qu'il soit parent ou professionnel, y perd bien souvent son sentiment de compétence et s'efforce de contrer des symptômes, quand des interventions universelles permettraient de résoudre la plupart des difficultés et de s'adresser aux réels besoins de l'enfant pour l'aider à développer ses habiletés et son sens de la responsabilité individuelle ou collective.


Un retour aux interventions universelles

Nous oublions fréquemment, en fait, que 80% des interventions sont universelles, c'est à dire qu'elles sont les mêmes pour tous les enfants et adolescents, quels que soient leur âge, leurs forces et leurs difficultés. Ces interventions universelles s'inspirent du bon sens et sont les mêmes pour toutes les personnes.

On peut estimer à environ 15% des interventions qui vont s'adapter un peu plus précisément aux réalités des enfants en fonction de leur âge, de leurs forces et de leurs difficultés.

Seuls 5% des interventions seraient plus spécifiques en fonction de l'individu, voire nécessiter parfois une aide thérapeutique pour passer à travers un événement douloureux ou pour apprendre à mieux gérer les conséquences de celui-ci, voire développer des habiletés relationnelles ou cognitives plus spécifiques.
 

Mieux comprendre pour mieux intervenir

Il est donc utile de comprendre le langage des enfants et des adolescents pour mettre en place des stratégies universelles qui soutiendront leur développement affectif, scolaire et social.

Il est également utile de comprendre les différentes étapes de développement du cerveau - qui atteint sa pleine maturité entre 40 et 45 ans - pour adapter les interventions en fonction de leur âge, de leurs forces et de leurs défis.
 
Enfin, la compréhension du contexte qui contribue au déclenchement du comportement dérangeant se doit aussi d'être adressé avec humilité. Une discussion saine et sereine avec le jeune lui permet autant de comprendre les alternatives qu'il aurait pu privilégier que cela nous permet - nous, les adultes - de comprendre notre part de responsabilité de manière à soutenir plus efficacement leur développement global.

Joël Monzée, Docteur en neurosciences

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