Stratégies Éducatives
21 février 2017
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Comment fontionne le détecteur de danger ?

Les crises de colère, l’opposition, la provocation, les gestes agressifs, la «surdité sélective», l’arrogance et les autres comportements indésirables sont bien souvent totalement involontaires chez les enfants, les adolescents et parfois même les adultes, qui se sentent ensuite coupables de leur conduite.

L’une des causes les plus courante de ces comportements difficiles à accepter par l’entourage, ce sont les mécanismes de défense. S’ils sont certes dérangeants, ils sont surtout utiles pour la survie.

Depuis toujours, l’être humain – comme tous les animaux, poissons, insectes et végétaux – cherche à survivre sur le plan individuel et collectif.

Par exemple, la marque de commerce des conifères, c’est d’acidifier le sol pour s’assurer que leur espèce puissent dominer la forêt. Ils ne cherchent pas à nuire aux arbustes et feuillus, ils veulent juste survivre et procréer leur espèce.

Survivre et procréer

La plupart des insectes et des animaux vont agir de même. Ils colonisent leur espace de vie, éliminant si possible tout envahisseur, pour assurer leur survie. Les mammifères ont, au cœur de leur cerveau, deux petites structures. Pas plus grosses que des têtes d’épingle. Leur rôle, c’est de déterminer si une situation est potentiellement dangereuse ou menaçante et de déclencher le comportement approprié pour faire face au problème. Elles s’appellent les amygdales (complexes amygladoïdes, pour être plus précis). Elles sont essentielles à la survie!

Une souris n'a pas besoin d'aller à l'école pour savoir qu'un chat est dangereux

D’un point de vue éthologique (étude des comportements sociaux des animaux), deux familles de comportements vont alors être utilisés. Ces comportements vont vous permettre de survivre dans la forêt en situation délicate. C'est un héritage génétique qui assure la survie de l'espèce.

Si vous faites face à un loup ou un sanglier, vous allez mobiliser tout votre corps, libérant des hormones et de l’acide lactique, tout en envoyant le sang dans vos membres. La respiration est plus rapide, le coeur bas la chamade pour envoyer tous ce dont on besoin vos muscles pour réagir face à l'intrus. Vous faites face, vous combattez ou vous vous échappez.

De là, l’opposition ou la fuite. L’impulsivité vous permet de réagir au quart de tour et l’hypervigilence de repérer où sont vos «alliés» ou vos «ennemis», surtout en situation de panique ou de combat.

Si vous faites face à un ours, ce premier mécanisme est potentiellement fatal. Vous devez faire le mort. Comme l’ours n’a aucune envie de vous manger, il vérifie simplement si vous représentez un danger pour lui-même ou sa progéniture. Couché sur le sol, vous attendez alors qu’il s’en aille. La réaction du corps fait en sorte que votre cœur et votre respiration ralentissent (histoire de faire croire que vous êtes morts), le sang quitte les membres pour aller dans l’abdomen.

Silencieux, vous sentez alors l’ours se rapprocher. Vous figez encore plus, vous partez dans votre imaginaire, vachement plus sécuritaire que la réalité. Vous êtes ailleurs. Vous survivrez… sauf face à un ours polaire, car lui vous avalera tout cru.

Le problème, ce sont les «distorsions cognitives»

De nos jours, on se retrouve moins souvent en forêt, mais les mécanismes de survie sont les mêmes, et ce, même s’il n’y a ni ours, ni loup, ni sanglier. On utilise les mêmes mécanismes.

La mobilisation permet de courir pour ne pas rater votre bus, mais amène les enfants ou les ados à s’opposer, à bouger, à être impulsifs ou hypervigilents, mais aussi à procrastiner. Toute la chimie du corps induit la fuite ou l’opposition.

L’immobilisation permet l’accès à l’imaginaire et la guérison quand un virus demande de ralentir, mais elle induit aussi la distraction, les oublis ou les pseudo-déficit d’attention.

C’est la manière dont la personne interprète l’environnement qui pose éventuellement problème. Comme l’enfant et l’ado ont un cerveau qui est loin d’avoir atteint sa maturité, les distorsions cognitives (perception, croyance ou interprétation de la situation erronées) sont fréquentes.
Les enfants et les adolescents apprennent par essai-erreur, par l'expérience de la vie en relation, de la vie sociale. Et ils apprennent plus par le jeu que par les luttes de pouvoir avec les pairs ou les adultes.

L’impression de menace ou de danger n’a pas à être vraie, ce sont des mauvaises compréhensions de la situation vécue. Ou alors, la situation est réellement problématique, comme c’est le cas quand il y a une situation d’intimidation, quand le jeune se sent rejeté, humilié ou envahi, quand il ne se sent pas respecté ou écouté.

Les «distorsions cognitives» sont normales chez les jeunes, même si elles induisent des comportements indésirables.

Bref, l’impression de menace ou de danger est là dès que la situation déclenche du stress. Et, en l’espace de 7 centièmes de seconde – 0,07 secondes – les amygdales vont déclencher les mécanismes de défense. Et cela prend du temps pour que cela s’apaise, la crise est souvent inévitable.

Les amygdales vont également être activées par le stress positif : une belle journée au zoo, une fête d’ami tellement anticipée, la journée de Noël… À un moment, les comportements indésirables vont être déclenchés, même s’il n’y a aucun ours, aucun loup, aucun sanglier.

Certes, c'est dérangeant pour la vie de famille, la vie de groupe ou la vie de classe. Les enfants et les ados ont toutefois grandement besoin d'être rassurés. Et si vous, parents et intervenants, vous voulez faire une chose essentielle pour les aider: créer des environnements sécuritaires sur le plan affectif. Les distorsions cognitives seront moins nombreuses et vous retrouverez confiance en vous!
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1 Comment

  1. Diane Sabourin dit :

    Merci pour le partage! Je lis vos articles avec beaucoup d’intérêts.

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